Le contrôle de la production
Outre le contrôle d’avancement (qui incombe au service d’ordonnancement diagramme de Gantt), le contrôle industriel a plusieurs objectifs
- veiller à la qualité des fabrications et des approvisionnements (contrôle de fabrication), afin d’éviter les retours de produits défectueux, les remplacements, les interventions de garantie et les pertes de clientèle ;
- surveiller la productivité des facteurs de production (contrôle de productivité) ;
- prendre les mesures correctives concernant les facteurs de production déficients réglage d’une machine, remplacement d’un équipement dont le taux de panne devient excessif, formation d’un personnel insuffisamment qualifié, sanctions financières (réduction de primes) ou non (mutation), en cas de rendement insuffisant du personnel.
Comme nous l’avons vu, le contrôle de la productivité des facteurs et notamment de la main d’oeuvre, peut être réalisé commodément à l’aide des bons de travail où figurent le temps alloué ainsi que le temps passé effectivement pour accomplir une tâche. Ce système permet à la fois de mesurer la productivité et de calculer les prix de revient et la rémunération de la main d’oeuvre.
Le contrôle de la qualité des approvisionnements et des fabrications est indispensable aussi bien dans la fabrication sérielle que dans la production unitaire. Il est, en effet, indispensable que tous les éléments fabriqués répondent à des spécifications strictes
- imposées par le client (surtout pour les biens destinés aux autres entreprises),
- nécessaires pour l’assemblage avec d’autres éléments.
Un aspect particulier de la qualité est la fiabilité définie comme la probabilité pour qu’un produit, travaillant dans des conditions définies pendant une durée de vie normale, fonctionne sans défaillance.
Diverses étapes de contrôle doivent donc être aménagées notamment aux trois stades des approvisionnements, des en cours et des livraisons.
Le contrôle des approvisionnements et des livraisons a un objectif identique et unique acceptation ou rejet du lot. Par contre, le contrôle des en cours a deux objectifs
- d’une part, accepter ou refuser la fabrication,
- d’autre part, en cas de refus, détecter les causes d’anomalie et y remédier.
LA PROCEDURE DE CONTRÔLE
Cette procédure doit être étudiée du double point de vue de son efficacité et de son coût, lesquels varient en sens inverse. Il convient donc de trouver un compromis réalisant un optimum entre
- un système de contrôle raffiné et efficace, mais coûteux,
- un système de contrôle peu coûteux, mais sommaire, pouvant engendrer des rebuts aux conséquences graves.
Le gain réalisé grâce au contrôle doit excéder le coût des procédés de contrôle. Pour mettre au point un contrôle satisfaisant, il est nécessaire de connaître
- les normes de fabrication (ex. : le diamètre d’un tube doit être de 6 mm) ;
- les tolérances par rapport à ces normes. Les tolérances servent à définir un intervalle d’acceptation des fabrications. Si x est la valeur de la norme, la production est acceptée, tant qu’elle se situe dans l’intervalle .
- les opérations de mesure nécessaires pour s’assurer du respect des tolérances ;
- les dispositifs de mesure requis.
La réalisation du contrôle peut être confiée :
- à l’exécutant lui même (auto contrôle, notamment dans le cadre des politiques d’enrichissement des tâches et de revalorisation du travail manuel) ;
- à un service spécialisé dénommé « service du contrôle qualité » ;
- à des dispositifs de contrôle automatiques entraînant l’arrêt de la machine,
lorsque les tolérances ne sont pas respectées.
A la limite, dans les processus industriels automatisés (gestion intégrée), l’appareil de contrôle procède lui même au réglage de l’équipement. L’automation
permet ainsi un contrôle continu fondé sur le principe cybernétique de la rétro¬
action. La rétroaction est le procédé par lequel un effet réagit sur la cause qui l’a provoqué pour la modifier. Dans le contrôle industriel, la cause est le déréglage d’un équipement et l’effet est le non respect des normes et tolérances. La mesure de cet effet, par un dispositif spécial, entraîne le réglage de la machine.
LE CONTROLE STATISTIQUE
Le contrôle exhaustif (à 100 %) des pièces fabriquées est souvent impossible
- lorsque le contrôle détruit l’objet contrôlé (exemple : test de la résistance d’un câble à la traction) ;
- lorsque le nombre de pièces est très important (production en grande série).
Même lorsqu’il est techniquement possible le contrôle exhaustif est souvent économiquement peu rationnel, car il entraîne des coûts et des délais excessifs.
Le contrôle statistique doit alors être utilisé. Il consiste à porter un jugement
sur un ensemble à partir d’un échantillon représentatif (par exemple, on prélève 1 pièce sur 10 ou 1 lot de 100 pièces toutes les heures).
Il peut être utilisé dans l’entreprise à l’aide de la carte de contrôle, de manière telle qu’il soit compréhensible par les exécutants et réalisable par des personnels peu qualifiés.
La carte de contrôle est un document sur lequel figurent en abscisses les numéros. d’ordre (ou dates) des prélèvements d’échantillons et, en ordonnées, la valeur moyenne par échantillon de la grandeur à contrôler. Par ailleurs, deux droites horizontales indiquent les valeurs entre lesquelles la valeur de l’échantillon est réputée acceptable.
C’est le service du contrôle statistique qui, par application du calcul des probabilités, fixe ces valeurs limites. Dès que les mesures sortent des limites, il faut intervenir pour régler les équipements. Le système permet donc une intervention rapide et efficace.
Dans d’autres cas, le service de contrôle fixe un pourcentage de malfaçon acceptable. Lorsque le taux de malfaçon de l’échantillon est inférieur au pourcentage fixe, toute la production est considérée comme satisfaisante. Par contre, lorsque le taux de malfaçon de l’échantillon excède le pourcentage fixé, l’ensemble de la production est refusé.