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 Le bureau des méthodes

A l’aide des plans et nomenclatures établis par le bureau des études, le bureau des méthodes décompose le travail en opérations élémentaires, puis les regroupe en gammes d’opérations.

L’opération est le stade ultime de la division du travail. Les opérations sont analysées dans la double optique des mouvements et des temps d’exécution. Cette étude porte le nom de rationalisation du travail ou organisation scientifique du travail (O.S.T.). Due à Taylor et à ses successeurs, elle a pour objectif, par une étude critique du. contenu du travail, la détermination de la meilleure façon de réaliser les tâches d’exécution, dans le plus bref délai et au moindre effort.

L’ANALYSE DES MOUVEMENTS

L’analyse des mouvements vise à découvrir les meilleures méthodes de travail. Elle consiste, pour une tâche déterminée, à inventorier l’ensemble des mouvements accomplis par l’exécutant, puis à critiquer chacun d’eux. L’étude débouche ainsi : 

  • sur l’élimination des mouvements inutiles. Ainsi Gilbreth, l’un des fondateurs de l’étude des mouvements, a constaté, dans l’étude d’un travail de maçonnerie, que 1 3 mouvements sur 18 n’étaient pas nécessaires ; 
  • sur l’exécution simultanée de plusieurs mouvements ;
  • sur la modification du mode d’accomplissement de certains mouvements (ordre de réalisation, position de l’exécutant).

Tous les mouvements accomplis se répartissent en trois catégories :

  • mouvements de recherche, 
  • mouvements d’exécution, 
  • mouvements d’attente et de repos.

Le but est d’éliminer les mouvements de recherche et d’attente et de combiner les mouvements d’exécution en réduisant leur nombre.

Les méthodes d’analyse des mouvements sont très répandues dans les entreprises. Elles reposent sur l’analyse de Taylor pour lequel, à tout travail peut être associée une et une seule bonne méthode d’exécution ( the one best way », c’est à dire la seule meilleure manière), quel que soit l’exécutant.

Cette conception a abouti à une déshumanisation du travail. L’ouvrier n’est plus responsable de la définition de son propre travail ; les tâches de préparation lui sont retirées pour être confiées à un service spécialisé ; il perd toute initiative dans l’exécution des opérations. L’activité humaine, exclusivement routinière et répétitive, devient purement mécanique. L’absence de tout intérêt du travail se traduit par un mauvais moral des exécutants, la passivité ou l’hostilité et entraîne un absentéisme et une rotation du personnel importants.

Actuellement certaines entreprises s’efforcent, par les méthodes d’enrichissement des tâches de redonner au personnel :

  • un travail moins fractionné, qui ne se limite plus à l’accomplissement répétitif d’une seule opération
  • un travail plus autonome, qui fournit à l’ouvrier l’occasion de manifester son initiative et sa responsabilité dans la préparation de son activité et le contrôle de sa production.

L’enrichissement des tâches exige des investissements importants, car il faut réaménager l’ensemble de l’unité de production. Il en résulte également des incidences importantes variables selon les entreprises sur la productivité.