Accueil du site /

 

 La localisation de l’unité de production

Le problème du choix d’un site se pose principalement dans les trois cas de constitution, d’expansion et de transfert (décentralisation) d’une entreprise ou d’un établissement.

Sa solution dépend de la prise en compte des facteurs de localisation qui sont nombreux, variés et dont l’importance respective dépend de la nature de l’activité. Il s’agit notamment des transports, de la main d’oeuvre, des conditions de production et des interventions publiques.

Les transports

Dans une firme, le problème de transport concerne simultanément :

  • les matières premières (du lieu d’extraction au centre de traitement), 
  • les produits finis (du lieu de production du réseau de vente),
  • l’énergie, le matériel,
  • la main d’oeuvre (dans ce cas particulier on parle, non de transport, mais de déplacement).

La localisation de l’entreprise doit avoir pour but de réduire les délais (cas des denrées périssables), et les coûts de transport (cas des produits lourds ou volumineux). Ces deux impératifs imposent notamment de limiter les ruptures de charge entraînées par le recours à plusieurs moyens de transport consécutifs.

Les ruptures de charge, en effet, sont coûteuses en main d’oeuvre, en temps et en destructions (objets détruits du fait des transbordements).

Parmi les cinq moyens de transport courants eau, fer, route, air, canalisation le choix dépend de la nature de l’activité du triple point de vue du coût, de la vitesse et de la capacité.

Une entreprise a généralement recours à plusieurs moyens de transport. C’est ce qui explique l’importance des localisations industrielles à proximité des « noeuds de communication » où se rencontrent des voies de transport complémentaires.

De façon plus générale, les localisations industrielles tendent à se concentrer le long des grands axes ferroviaires, routiers, fluviaux (vallée du Rhone) et à proximité des installations portuaires (aciéries et raffineries de Fos et Dunkerque).

Par rapport à ses marchés la localisation d’une entreprise ou d’un établissement peut, en fonction des considérations de transport, revêtir trois formes :

  • localisation à la source,
  • localisation sur le marché, 
  • localisation intermédiaire.

LA LOCALISATION A LA SOURCE

Elle est adoptée, par exemple, par les sucreries, distilleries, conserveries, cimenteries. Dans ces entreprises, les déchets représentent une fraction importante du volume traité. C’est alors le poids de matières premières qui motive la localisation.

Dans les industries alimentaires, c’est souvent le caractère périssable des matières premières qui impose la localisation à la source.

Jadis, avant le recours au minerai d’importation, les usines sidérurgiques et métallurgiques étaient implantées sur les bassins miniers.
Pour la verrerie, l’aluminium, la localisation s’explique par la proximité de la source d’énergie dont ces industries sont d’importantes utilisatrices.

LA LOCALISATION SUR LE MARCHÉ

La localisation à proximité du consommateur, est fréquente. Il en est ainsi lorsque le coût de transport du produit fini est supérieur à celui des matières premières. Il en est de même lorsque les approvisionnements sont nombreux et variés dans leur origine, sans que l’un d’entre eux soit prédominant en terme de coût de transport. Naturellement, la localisation sur le marché est impérative pour les entreprises de distribution.

LA LOCALISATION INTERMÉDIAIRE

Elle est possible :

pour les activités indépendantes du coût de transport (raffineries de pétrole dans dans les ports maritimes) ; 
pour la production (notamment de luxe) où un facteur naturel ou humain exige une localisation précise, distincte à la fois des sources de matières premières et des marchés de consommation : papeterie, en fonction de la qualité des eaux ou des exigences de lutte contre la pollution ; implantation au bord de l’eau par suite de la nécessaire évacuation des déchets (calories des centrales électronucléaires).

La main d’oeuvre

Au moment du choix de la localisation, la main d’oeuvre doit être envisagée d’un triple point de vue volume, qualification et rémunération.

L’insuffisance du volume de la main d’oeuvre peut interdire certaines localisations. De nombreuses entreprises organisent des réseaux de transport par cars pour regrouper une main d’oeuvre suffisante dans une « zone de ramassage ». Inversement, de nombreuses opérations de décentralisation sont dues en partie à l’abondance de main d’oeuvre locale et à la faiblesse des salaires qu’entraîne cette situation.

Pour avoir une qualification professionnelle suffisante de sa main d’oeuvre, l’entreprise a trois possibilités

utilisation de main d’oeuvre qualifiée pré existante. Cette solution n’est valable que pour les implantations dans un tissu industriel important (région parisienne notamment). Certaines régions, par suite de traditions historiques, disposent d’une main d’oeuvre locale très spécialisée et qualifiée, ce qui explique certains faits de localisation (horlogerie) ;

formation à partir de personnes non qualifiées dans le cadre de l’entreprise. Cette solution entraîne des délais et des coûts, mais, à terme, elle est avantageuse pour l’entreprise qui dispose d’une main d’oeuvre stable ;

transfert de salariés qualifiés en provenance d’autres régions. Cette solution est souvent appliquée pour le personnel d’encadrement, lorsque le lieu d’implantation dispose d’infrastructures socio culturelles suffisantes.

Les conditions de production

Les conditions naturelles ont une importance décroissante au fur et à mesure du développement économique. Elles restent cependant un facteur d’explication de localisation pour les activités agricoles, les industries extractives et les productions dans lesquelles un facteur naturel conditionne la qualité de la production lin, délainage, coutellerie.

Les capitaux expliquent la concentration urbaine des sièges sociaux, même si les établissements productifs sont éloignés. En ce sens, la centralisation bancaire explique la centralisation des entreprises.

Les services disponibles tels que l’existence d’entrepôts, les possibilités de soustraitance constituent également des facteurs d’implantation. Les services publics jouent un rôle important, la centralisation administrative entraînant la centralisation économique.

L’intervention publique

L’intervention publique favorise, limite ou interdit certaines localisations. Elle émane simultanément de l’État et des collectivités locales (communes notamment).

Les moyens d’action sont l’impôt (réduction ou exonération), la subvention, le crédit, le permis de construire, la réglementation administrative, ainsi que la réalisation d’infrastructures (adduction d’eau, électrification, voies de communication, zone industrielle, zone d’activités).

En conclusion, les éléments de localisation des entreprises, et spécialement des unités de production sont complexes et divers. Leur importance relative varie selon les entreprises, notamment en fonction de la nature de leur activité.