Les coopératives reposent sur trois principes :
La suppression du mobile de profit : Le profit, rémunération de capitalistes privés est en effet considéré par les coopérateurs comme un prélèvement effectué sur les consommateurs (coopérative de consommation) ou les travailleurs (coopérative de production).
L’adoption pour objectif et mobile de l’activité de la coopérative, du service rendu aux adhérents. Dans une coopérative de consommation ce service consiste à fournir aux consommateurs des denrées de qualité au prix le plus faible possible. Dans une coopérative de production le service rendu aux travailleurs est l’emploi fourni, la rémunération versée, les avantages sociaux et la participation de chaque travailleur à la gestion (l’assemblée générale des actionnaires est remplacée par celle des travailleurs coopérateurs).
L’adoption de la règle : 1 coopérateur = 1 voix, c’est à dire la suppression dans les décisions de la prise en considération du capital apporté.
Les sociétés coopératives ont un statut juridique spécial :
Les coopératives de production sont des entreprises créées par des travailleurs qui ont apporté le capital initial et travaillent dans l’entreprise. L’ensemble des travailleurs coopérateurs forme l’assemblée générale des coopérateurs, qui remplace l’assemblée générale des actionnaires. Par l’élection et le contrôle des organes de gestion, à l’occasion des assemblées générales, les coopérateurs participent à la gestion de l’entreprise et détiennent, par leurs représentants, le pouvoir de décision.
Les coopératives de production sont peu nombreuses. Elles souffrent en effet d’un manque de capitaux ainsi que d’une insuffisance de personnel qualifié.
Par contre les coopératives de consommation, groupées dans la Fédération Nationale des Coopératives de Consommateurs (F.N.C.C.) intéressent en France trois millions de ménages. Elles disposent de 7 000 magasins, d’une centrale d’achats (la S.G.C.C.) (1), d’une banque, d’une société de crédit, d’une société d’assurance, d’une marque (Coop) et d’un laboratoire d’analyses et de recherches (chargé de faire des études relatives à la qualité des produits et à la protection du consommateur).
Il existe également des coopératives agricoles ; elles ont pour but de fournir à leurs adhérents des biens ou des services auxquels ils ne pourraient accéder individuellement, ou d’en réduire le prix ou bien encore de valoriser les produits agricoles pour augmenter le revenu des agriculteurs.
Dans le domaine des assurances, c’est à dire des entreprises qui garantissent à leur clientèle un paiement indemnitaire en cas de réalisation de certains risques, les sociétés mutuelles poursuivent le même objectif d’élimination du capital et du profit que les coopératives dans le domaine de la production et de la distribution.
Les mutuelles fonctionnent selon le principe de la répartition, c’est à dire qu’elles collectent auprès de leurs adhérents des cotisations (ou primes) qui servent à payer les prestations (ou indemnités) aux adhérents sinistrés. Le montant des cotisations est calculé de façon à couvrir exclusivement le coût des prestations et les frais de gestion, à l’exclusion de toute marge bénéficiaire. Comme dans les coopératives, les excédents de gestion sont affectés aux réserves de l’entreprise ou servent à réduire les cotisations (ristournes).