L’analyse sectorielle des entreprises
Selon la nature de l’activité
L’économiste Colin CLARK distingue au sein de l’activité économique trois grands secteurs en fonction de la nature de l’activité :
- Le secteur primaire, formé par les entreprises utilisant, à titre principal, un facteur naturel. Il englobe principalement l’agriculture, l’élevage, la pêche, le forestage.
- Le secteur secondaire, constitué des activités de transformation des biens. Il recouvre l’ensemble de l’industrie.
- Le secteur tertiaire, regroupant les prestations de services. Sa composition est très hétérogène car il rassemble tout ce qui n’appartient pas aux deux autres secteurs c’est à dire des entreprises très différentes. Les activités de distribution, de transport, de loisirs, de crédit, d’assurance sont de nature tertiaire.
Cette classification en trois secteurs peut être affinée par la prise en compte simultanée de la productivité et de l’élasticité de la demande par rapport au revenu dans chaque secteur.
La productivité est la production obtenue par unité de facteur employée ; la productivité du travail, en particulier, est la production par heure de travail.
L’élasticité de la demande par rapport au revenu exprime de quel pourcentage la demande d’un bien varie lorsque le revenu d’un acheteur augmente de un pour cent.
Par exemple si e = 3 pour un bien, ceci signifie que lorsque le revenu d’un consommateur augmente de 1 %, ses achats du bien augmentent de 3 %.
Le secteur primaire est celui dans lequel des gains de productivité moyens se combinent avec une faible élasticité revenu de la demande (agriculture en général).
Le secteur secondaire est caractérisé par des gains de productivité élevés liés à une forte élasticité revenu. C’est le cas pour la majorité des industries et, notamment, pour celles fabriquant des biens durables.
Le secteur tertiaire comprend les activités à productivité stable et à forte élasticité revenu de la demande.
Cette analyse fournit une explication partielle de l’évolution par secteur, du nombre des entreprises, de leur dimension, de l’effectif qu’elles emploient, de l’évolution de leurs prix.
Le nombre des entreprises agricoles a considérablement diminué car la concentration est indispensable à la réalisation des gains de productivité. Ceci est encore plus manifeste pour l’industrie et explique pour partie le mouvement de concentration industrielle. Par contre les services sont fournis par des entreprises nombreuses tant que des techniques nouvelles ne permettent pas d’élever la productivité.
L’effectif employé dans le secteur primaire diminue continuellement depuis deux siècles en raison de la combinaison des gains de productivité (il faut moins de personnes pour obtenir une même production) et de la faible élasticité revenu (la demande progresse peu, stagne ou régresse). Au contraire les effectifs industriels et surtout ceux des services, augmentent.
En longue période les prix (1) des produits industriels diminuent rapidement en raison des gains de productivité élevés qui abaissent les coûts de production. Les prix des produits agricoles les suivent dans leur mouvement de baisse. Au contraire les prix des services stagnent du fait de l’absence de gains de productivité.