Les décisions de l’entreprise
LES CENTRES DE DÉCISION
Définie comme un centre autonome de décisions l’entreprise se distingue de l’établissement qui n’est pas une unité économique, ni une unité juridique, mais seulement une unité géographique et technique dont le responsable (directeur d’usine, gérant de succursale) est soumis au pouvoir hiérarchique du siège social. Les grandes entreprises ont fréquemment plusieurs établissements. Ils peuvent avoir la même activité (les divers magasins d’une société de distribution) ou être spécialisés dans certaines productions ou dans certaines étapes du processus de production (usine de moteurs, usine de boîtes de vitesses, usine de montage dans une entreprise de construction automobile).
A l’opposé, il existe des groupes d’entreprises qu’il faut distinguer des entreprises à plusieurs établissements. Le groupe se définit comme un ensemble de sociétés dépendant les unes des autres et subordonnées au pouvoir de décision de l’une d’entre elles, appelée société mère. Les diverses unités sont bien juridiquement indépendantes mais, appartenant en tout ou partie à la même société mère, leurs organes de direction sont subordonnés à ceux de cette dernière. Ces groupes se constituent par les deux procédés de la filiale et de la participation. Une entreprise est filiale d’une autre lorsque cette dernière détient au moins 50% de son capital. Une entreprise possède une participation dans une autre lorsqu’elle détient de 10% à 50% de son capital. Lorsqu’une entreprise a de nombreuses filiales, elle abandonne à ces dernières la réalisation de l’exploitation et n’a plus qu’un rôle financier de coordination de ses filiales. On appelle holding une entreprise ayant confié à ses filiales l’ensemble de l’activité productive.
Dans la petite entreprise le chef d’entreprise constitue le seul centre de décision. Par contre, dans la grande entreprise, il y a nécessairement un grand nombre de centres de décisions, car personne, par manque de temps et de compétence, ne peut prendre seul la totalité des décisions. Chaque responsable hiérarchique doit ainsi déléguer une fraction de son pouvoir de décision. L’entreprise est un édifice constitué de délégations d’autorité successives. Cependant l’unité est préservée par le caractère subordonné des centres de décisions secondaires
En tant que centre de décisions, l’entreprise fait des choix de trois types :
- définition des biens et services à produire et de leur prix, en fonction des besoins du marché et du potentiel de l’entreprise ;
- définition des facteurs de production à employer, c’est à dire choix des financements, des équipements, des matières, du personnel ;
- sélection enfin des procédés de fabrication, c’est à dire de la fonction de production (combinaison des divers facteurs, organisation interne).
Ces choix de l’entreprise sont autonomes, mais ceci ne signifie pas qu’ils peuvent être quelconques. L’entreprise se heurte, en effet, à certaines contraintes qui lui sont imposées par le marché, la concurrence, les syndicats et la réglementation étatique.
LES TYPES DE DÉCISIONS
Les décisions prises dans les entreprises sont d’inégale importance.
Elles peuvent être classées selon leur échéance, c’est à dire le délai séparant la prise de décisions de l’apparition de ses effets et de leur durée. Ce critère conduit à distinguer :
- les décisions d’exploitation, aux effets rapides, mais peu durables ;
- les décisions de gestion dont les effets apparaissent à moyen terme ;
- les décisions de direction, aux effets tardifs, mais durables et pour lesquelles les actions correctives sont très difficiles (fusion, création d’un établissement).
Selon leur incidence, certaines décisions n’affectent qu’un seul service (modification de l’implantation des machines dans un atelier) ; d’autres ont des répercussions sur plusieurs organes de la firme (modification de la procédure de traitement des commandes des clients) ; certaines enfin ont une portée générale et affectent l’ensemble de l’entreprise (fusion).
Les variables de décision peuvent être nombreuses ou non, quantitatives ou qualitatives. Les décisions les plus faciles à prendre sont celles pour lesquelles les facteurs de décision sont à la fois peu nombreux et quantifiables. Le choix peut alors être fait automatiquement à l’aide d’un modèle mathématique et statistique. Au contraire, lorsque les facteurs de décision sont qualitatifs et nombreux, la décision ne peut résulter de la simple solution d’un modèle mathématique. Les décisions les plus importantes, relevant de la direction générale, font intervenir de nombreux facteurs qualitatifs.
L’avenir auquel se trouve confrontée l’entreprise peut être certain (le marché augmentera de 20% par an) ou incertain (le marché augmentera de 10% ou 20% sans que l’on puisse préciser l’éventualité qui se réalisera). Dans certains cas, l’avenir est probabilisable, c’est à dire que l’on peut affecter des probabilités aux diverses éventualités ; tel est le cas des décisions répétitives pour lesquelles le passé renseigne sur la probabilité des diverses possibilités. Lorsque l’entreprise se heurte à la concurrence, l’avenir devient antagoniste c’est à dire que les décisions de l’entreprise se heurtent aux réactions des concurrents. Ces quatre types d’avenir possibles correspondent à un ordre de complexité croissante des problèmes à résoudre.
Tous ces critères de classification des décisions de l’entreprise sont convergents ; lorsque l’échéance s’éloigne, le degré de généralité augmente, les variables de choix deviennent plus nombreuses et qualitatives et l’avenir est imparfaitement connu.