Démission
Remettre sa démission est une péripétie normale de la vie professionnelle. Elle ne doit être perçue ni comme un drame ni comme un accident tant par celui qui l’exprime que par celui qui la reçoit.
A partir du moment où la fonction qu’on occupe dans l’entreprise repose sur un minimum de confiance réciproque avec son supérieur, la démission doit être annoncée à l’avance non seulement pour respecter les clauses d’un contrat de travail ou d’une convention collective, mais surtout pour s’en tenir jusqu’à son départ effectif au contrat de confiance implicite qui lie deux personnes dans le travail.
Les motifs de la démission gagnent à être présentés oralement et en tête à tête. Si l’on est décidé à quitter son emploi pour un nouveau, il est inutile d’accumuler les griefs ou de s’évertuer à réécrire le passé. Une fois les explications personnelles exposées, l’entretien doit permettre de préciser les modalités concrètes des dernières semaines à passer ensemble, en tenant compte des contraintes du service : tâches qui restent à accomplir, état des travaux en cours. Il faut laisser assez de temps à son supérieur pour trouver un successeur et savoir être disponible dans l’éventualité où il souhaite que l’intérim soit assuré en bonne coopération.
Si ces conditions sont respectées, la lettre de démission est une simple formalité administrative, destinée à la bonne tenue des dossiers. La lettre de démission est obligatoire, car elle peut servir de preuve. Elle peut brièvement reprendre les termes de l’accord intervenu pendant la conversation préalable sur la durée et le contenu de la période de préavis. Pour éviter tout conflit éventuel, la démission gagne à être envoyée en recommandé avec accusé de réception.
A défaut de tenir en quatre lignes, les lettres de démission peuvent aller jusqu’à quatre pages. Mais il s’agit alors plus volontiers de la rupture de ce qui ressemble fort à une histoire d’amour et le savoir vivre s’efface devant la subjectivité. A tout prendre, il est préférable de s’inspirer de la concision des communiqués style Ve République, annonçant la démission du Premier ministre. Les motifs en sont toujours complexes, mais l’expression ramassée.
Les collègues et l’entourage de travail doivent être normalement tenus au courant d’une démission par le supérieur commun, mais sans délai. A défaut, le démissionnaire est tout à fait en droit d’en informer ses collègues, afin d’éviter tout malentendu. Cependant, il doit s’interdire toute attaque personnelle et s’abstenir de profiter de sa liberté de parole pour livrer des informations qui pourraient nuire à la bonne marche du service.
Si la démission est le résultat d’un choix délibéré de changement, elle gagnera à respecter ce simple protocole, qui permet de maintenir jusqu’à la fin de bonnes relations avec un supérieur. Si elle dénoue une crise, le respect de ces règles permettra de limiter les dégâts et de conserver un minimum de communication dans des relations tendues.