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 Les renards pointus et les castors convivaux

Une enquête récente sur les ambitions et les styles de vie des élèves des grandes écoles et des business schools fait apparaître que les étudiants qui s’apprêtent à entrer dans la vie active se classent, dans la nomenclature des « branchés décalés » du CCA de Bernard Cathelat, en plusieurs catégories bien distinctes’. La grande majorité des futurs « décideurs » se divisent presque également entre les « renards pointus », agressifs, sans égard, indifférents aux règles hiérarchiques et aux usages, et les « castors », plus pantouflards et « conviviaux » et assurément plus respectueux de leurs proches que les premiers.

Dans les marges on trouve les « grands ducs », plutôt style BCBG, qui s’accommodent facilement de l’ambiance feutrée des banques du quartier de l’Étoile. Ces derniers connaissent probablement tout des bonnes manières ou de ce qu’ils croient à tort être les bonnes manières.

Les « renards pointus » et, dans une moindre mesure, les « castors » semblent moins disposés à respecter les usages qu’impose le savoir vivre. A la limite, les « renards pointus » pensent probablement que toutes « ces vieilles règles ringardes » ne les concernent pas. Leur style fait fureur à la « une » des gazettes des écoles de commerce, et celui qui ne s’est pas senti pousser des crocs aiguisés le jour de sa naissance doit se sentir bien démuni.

Pourtant, le sprinter pressé risque de ne pas tenir la distance face au marathonien au souffle long. D’autant que les recruteurs d’entreprises ne semblent pas spécialement férus des enragés sans manières, qui pensent faire carrière en se battant seuls pour imposer leurs idées. Interrogés par Les Échos, en contrepoint des « socio styles » version Cathelat, ils déclarent sans ambages qu’il faut assurément quelques « renards pointus » pour « dynamiser », selon la formule du recruteur de chez Thomson.

Mais la grande majorité d’entre eux estime, comme celui d’Usinor, que « les castors sont la population la plus conforme au milieu », avec toutes les règles de comportement qui sont attachées à celui ci.

Inutile donc de vouloir briser à tout prix le code des bonnes manières et du savoir vivre pour s’insérer avec succès et bonheur dans une entreprise. Les plus convaincus des « renards pointus » balayeront cet appel au respect du savoir vivre d’un revers de manche ; ils auraient tort cependant de négliger tout à fait les appréciations des recruteurs professionnels. Leurs conseils traduisent un incontestable appel à la réserve et au respect des autres.

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