Les candidatures spontanées
La candidature spontanée est mal adaptée à des cadres disposant d’une expérience significative dans un secteur. Ceux ci gagnent à faire jouer leurs relations directement. Il est un âge où l’envoi « à froid » d’un CV est interprété comme le signe d’un accident de carrière plutôt que comme l’expression d’une réussite éblouissante.
L’envoi en nombre de candidatures spontanées, parfaitement standardisées, est souvent une perte de temps pour le candidat comme pour les entreprises auxquelles il s’adresse.
Une candidature spontanée gagne à être fortement personnalisée dans la manière de s’adresser à un employeur potentiel. Il convient donc de se renseigner précisément sur l’entreprise cible, éventuellement par des contacts indirects, afin de connaître ses orientations stratégiques et ses besoins en personnel. Parmi les moyens à sa disposition, le candidat peut avoir accès aux rapports annuels des grandes sociétés, aux brochures commerciales, aux journaux professionnels et aux comptes rendus d’assemblées disponibles au tribunal de commerce. Si cette démarche est menée à bien, la candidature spontanée peut aboutir à anticiper une création de poste, voire à la suggérer.
Nathalie Astier a créé et anime une association de promotion touristique. Elle reçoit personnellement, une fois par semaine en moyenne, une candidature spontanée par téléphone. S’étant renseignée, elle a appris que la plupart de ces candidats utilisent les services du Minitel, mine de renseignements sur les sociétés.
La lettre de candidature doit être précisément motivée en mettant à profit la connaissance que l’on a acquise de l’entreprise. Elle gagne à être adressée à une personne en particulier. Le choix du destinataire doit être le résultat des investigations initiales qui ont été entamées par le candidat.
Celui ci doit donc s’abstenir de toute critique personnelle directe, comme il doit éviter de diffuser toute information interne dont il aurait pu avoir connaissance lors de son enquête préalable. La candidature volontaire doit révéler des qualités d’observation et d’analyse, non un talent d’espion industriel ou de manoeuvrier d’état major.
Le succès d’une candidature spontanée tient largement à l’adéquation entre le profil universitaire, le poste recherché et la personnalité qui se dégage du CV et de la lettre qui l’accompagne. Un bon exemple nous en a été fourni par Jean Miche ! Meyssignac, qui décortiqua devant nous la candidature d’une diplômée de l’ESSEC à un poste de professeur. A première vue, il lui parut extraordinaire qu’une jeune femme destinée à une carrière commerciale souhaitât occuper un poste de nature administrative dans une école de commerce. De cette ambiguïté émanait un à priori fortement négatif. Un examen plus attentif de la candidature suffit à le persuader d’accorder un entretien à cette jeune femme. Son profil traduisait un goût évident pour la formation et l’enseignement. Dès l’obtention de son diplôme, au lieu de postuler dans une entreprise de renom, elle avait enseigné une année à l’ESSEC tout en préparant une licence universitaire. Une ancienne ESSEC pouvait intéresser l’Institut Européen des Affaires.