L’entreprise ressemble à un organisme
La notion d’organisme est empruntée à la biologie. Cette analogie apparaît dans divers aspects de l’entreprise.
Elle regroupe un certain nombre d’organes constitués par ses différents services.
Chacun d’eux a une activité spécialisée (par exemple les services d’achat, de vente ou de production).
La coordination de l’ensemble est assurée par les décisions d’un centre de décision supérieur qui est la direction.
La prise des décisions s’effectue sur la base d’un réseau d’informations ascendantes (de la base vers le sommet).
L’exécution des décisions est obtenue grâce à un circuit de communications descendantes (du sommet vers la base).
Toutes les informations disponibles ne sont pas centralisées au sommet, mais font l’objet d’un filtrage. Seules les informations importantes sont transmises à l’échelon supérieur. Les autres sont traitées localement par les différents services qui prennent les décisions courantes (réponses standardisées, analogues aux actes réflexes).
Le système de collecte de l’information est double. Il renseigne d’une part sur l’état intérieur de l’organisme (goulets d’étranglement, gaspillages, manque de coordination) et d’autre part sur la situation de l’environnement. C’est en effet dans le milieu externe que l’organisme puise les éléments nécessaires à son fonctionnement (les facteurs de production), dans lequel il rejette les résidus de son activité (déchets) et sur lequel il agit (vente, action commerciale).
L’organisme est caractérisé par son évolution interne. L’évolution peut provenir de l’extérieur qui impose des adaptations : renouvellement d’une gamme de produits démodés, remplacement d’un réseau commercial devenu inadapté à l’habitat ou aux habitudes des clients. Elle peut aussi être due à la dynamique interne de l’entreprise dont les différents organes perfectionnent, par apprentissage et formation, leur fonctionnement et accroissent leur capacité. Elle peut enfin être provoquée par le rapprochement avec d’autres organismes (fusion, scission, absorption).
Dans une firme correctement gérée, l’évolution doit correspondre au développement. Le développement est l’accroissement des dimensions, résultat de la croissance des ventes ou de leur diversification. Le développement entraîne une augmentation du nombre des organes et une spécialisation accrue de chacun d’eux. Ainsi un service commercial se scinde en services des ventes, de publicité, d’étude des marchés et d’après vente.
Comme les organismes vivants, les entreprises connaissent des perturbations (pathologies) imputables, par exemple :
- au mauvais fonctionnement d’un organe (mal dirigé, mal « dimensionné ») entravant la marche de l’ensemble ;
- à la carence du réseau de communications (mauvaise information sur l’environnement, mauvaise mesure des résultats internes) ;
- ou à la déficience du système de prise de décisions. Lorsqu’elles ne sont pas diagnostiquées et éliminées, les déviations peuvent entraîner la dégénérescence de l’ensemble (réduction de la part de marché, baisse des ventes), voire sa disparition.
L’assimilation d’une entreprise à un organisme permet donc des analyses comparatives intéressantes. Cependant il ne s’agit que d’une analogie. Sous de nombreux aspects, l’entreprise ne peut être assimilée à un organisme. De nombreux traits spécifiques apparaissent dans une firme et nécessitent des approches complémentaires.