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 Politique de gestion financière

Ce qui rend le choix d’une politique de gestion financière de l’épargne salariale délicat c’est qu’à partir d’une gestion collective il faut offrir à chaque salarié la possibilité de préserver ses intérêts particuliers. Ainsi M. Martin qui souhaite acquérir prochainement sa résidence principale voit dans son épargne salariale le moyen d’accroître son apport personnel. Aussi s’orientera t il vers un placement sans risque.

M. Pourchert, de son côté, n’a pas un besoin urgent de son épargne, et désire donc en maximiser le rendement.

Quant à Mme Clartec, le souci qu’elle a de l’éducation de ses enfants la conduit à préférer un placement sans risque lui permettant à échéance d’utiliser chaque année les sommes disponibles...

Autant de stratégies différentes dont le gestionnaire devra tenir compte dans la mesure du possible.

L’orientation des placements

Les fonds dits actions ou dynamiques 

Ces fonds comprennent en général plus de 60 % de leur actif en actions, le solde étant investi principalement en obligations et Sicav de trésorerie.

Les performances de ce type de fonds sont fortement liées à l’évolution du marché des actions. Celui ci subissant depuis quelques temps de fortes variations, la valeur de la part de ce type de fonds peut osciller de manière non négligeable.

L’expérience montre que sur une longue période (7 à 10 ans) ces fonds sont en général performants mais comportent des risques. Aussi conseillons nous de ne jamais proposer ceux ci comme unique placement. D est souhaitable de les jumeler avec des placements plus sûrs. L’objectif étant d’obtenir au minimum 80 % de l’indice SBF (sociétés de bourse) à la hausse et 60 % de celui ci à la baisse.

Les fonds dits diversifiés ou mixtes 

C’est le type de fonds le plus utilisé. Ils comprennent une proportion de 40 à 60 % d’actions selon la conjoncture, le solde étant principalement investi en obligations et en valeurs de trésorerie. Cette dernière partie a tendance à lisser les résultats et à modérer de façon non négligeable les baisses. Ce type de fonds est cependant fortement lié aux marchés des actions d’où une grande volatilité. L’expérience prouve que cette orientation donne de bons rendements sur une période de 5 ans. Elle peut s’avérer dangereuse pour les personnes qui se trouvent dans des cas de déblocages anticipés. Le but de ce placement est de réaliser au minimum 2/3 de l’indice SBF à la hausse et 1/3 à la baisse.

Les fonds obligataires

Il sont composés d’obligations à taux fixes ou à taux variables et de valeurs de trésorerie. Ils présentent l’avantage de minimiser le risque et d’obtenir une progression relativement régulière de la valeur de la part.

Néanmoins la volatilité des taux a rendu ces fonds un peu plus spéculatifs. Aussi les obligations négociées ne sont elles plus des placements tranquilles et sans risque. En effet, en cas de hausse des taux le cours des obligations décroît. Il peut donc arriver que l’on perde une partie de son capital. Inversement, lors d’une baisse des taux le cours des obligations croît, les gains aussi. L’apparition des marchés à terme ou d’options, permettant de se protéger contre les fluctuations des taux, ont rendu très technique la gestion financière qui est devenue l’apanage des spécialistes. Pour ce type de fonds, 3 à 4 % de plus que l’inflation semble un objectif raisonnable.

Les fonds monétaires dits de trésorerie

Ils sont généralement constitués à partir d’OPCVM de trésorerie, eux mêmes investis en titres de créances à court terme, donc rémunérés au taux du marché monétaire. Ces fonds sont d’autant plus intéressants que leur capital reste totalement garanti et qu’ils bénéficient d’un rendement forcément positif. D’ailleurs, ils connaissent un grand succès dans les périodes où les taux à court terme dépassent les taux à long terme, conjoncture anormale.

En tout état de cause, ce type de placement est idéal pour les personnes souhaitant bénéficier de leurs avoirs à tout moment. Un tel fonds, en conjoncture « anormale », assure une rentabilité de un à trois points au dessus de l’inflation.

Fonds individualisés ou fonds interentreprises

Deux options sont offertes aux partenaires sociaux : soit la création d’un FCPE propre à leur entreprise, soit l’adhésion à un FCPE préexistant, regroupant plusieurs entreprises.

Dans le premier cas l’actif immobilisé doit être conséquent afin que la rentabilité ne soit pénalisée par les frais et l’impossibilité de diversifier les risques.

Pour constituer un tel fonds, un actif moyen à terme de cinq millions de francs paraît souhaitable. Son principal avantage est d’être strictement adapté à l’entreprise et de rendre son conseil de surveillance autonome et souverain dans l’orientation et le contrôle de la gestion.

Dans le second cas, les salariés des entreprises dont les flux d’épargne salariale demeurent plus modestes ont tout intérêt à privilégier, du moins dans un premier temps, les FCPE multi entreprises. Un tel recours permet en outre de proposer aux salariés des options individuelles entre plusieurs FCPE multi entreprises.

Sécurité, rentabilité, disponibilité

En matière de placement, trois critères sont utilisés : la sécurité, la rentabilité et la disponibilité.

Un investissement doit toujours tenter de satisfaire à deux au moins de ces critères, car répondre aux trois relève de l’impossible ou de l’anormal.

Ainsi une action est disponible puisque vendable à tout moment, mais le corollaire de sa, rentabilité est un risque élevé. Un livret A (de la Caisse d’Épargne) offre quant à lui sécurité et disponibilité pour un rendement faible. Les fonds à valeur de remboursement garantie cumulent sécurité et rentabilité mais les sommes restent indisponibles pendant un délai souvent incompressible.

Au début des années 1990 est apparu un type de placement cumulant les trois critères : les Sicav de trésorerie... situation pour le moins anormale et provisoire.