Quelles sont les limites a l’utilisation du factoring par l’entreprise ?
Tout d’abord son coût financier direct : L’entreprise qui fait appel au factoring pour financer un besoin en trésorerie supporte :
Une commission d’affacturage qui varie en fonction du cabinet, de l’importance de la gestion des comptes clients, et des garanties liées aux créances mobilisées par l’entreprise. Cette commission exprimée en pourcentage du chiffre d’affaires réalisé avec l’entreprise oscille généralement entre 0,75% et 2,5% du CA Dans ce taux de commission figure aussi une assurance pour le recouvrement des créances défectueuses, appelée garantie de bonne fin.
Les frais correspondant au mode de paiement souhaité par l’entreprise.
- Si l’entreprise a été payée par chèque, le cabinet d’affacturage estime qu’il vous accorde un crédit au même titre que le ferait votre banque dans le cas d’escompte de découvert (découvert garanti par des effets commerciaux escomptables, mais non mobilisés). Le taux de crédit ainsi accordé sera généralement le même que le taux du découvert bancaire.
- Si l’entreprise souhaite être réglée par un billet à ordre elle devra payer à sa banque des frais d’escompte et, au cabinet d’affacturage, des frais financiers variant là encore de 0,75% à 2,5% du chiffre d’affaires. Ces frais comprennent toutes les commissions bancaires liées à l’escompte telles que les commissions de manipulation, les commissions de jours minimum ou d’agios minimum. L’entreprise escompte donc ces billets à ordre dans de très bonnes conditions, et avec les mêmes avantages que les CMCC, puisque elle fixe leur montant et leur durée. En contrepartie, elle supporte des frais financiers beaucoup plus importants.
Il convient de relativiser la perte du risque d’insolvabilité des créanciers. Le factor peut en effet refuser certaines créances. L’entreprise, si elle veut mobiliser ces créances, devra assurer l’intégralité des frais de relance des débiteurs défectueux ainsi que leur recouvrement en cas de contentieux. Le cabinet d’affacturage étant particulièrement bien informé sur la solvabilité des partenaires de l’entreprise, presque toutes les créances qui ne sont pas honorées seront refusées et laissées à la charge de l’entreprise. D’autre part, ces créances non approuvées donneront tout de même lieu à la commission de bonne fin, comprise dans la commission d’affacturage, alors que rien ne le justifie plus.
Le factoring est particulièrement bien adapté aux petites et moyennes entreprises qui ne disposent pas d’un service chargé de la gestion du compte client (recherche sur la solvabilité des clients, circuit de relance client, gestion du poste client, etc...). Pour les autres, l’utilisation du factoring conduirait à la redondance des opérations, et reviendrait donc à doubler le coût qu’elles représentent pour l’entreprise. Même dans le cas où cette dernière se résoudrait à supprimer ce service, elle serait amenée à sous employer une partie de son personnel ou à le licencier, à sous utiliser le matériel dont elle disposait, etc.
Nous conseillons donc à toutes les entreprises qui souhaite raient faire appel au factoring de bien en évaluer les conséquences ainsi que les dépenses.