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 Ce qu’il faut savoir avant de prendre une décision

Eviter tout côté personnel

Le propos de cet ouvrage n’est pas de susciter des conflits entre les entreprises et les banquiers. L’incompréhension et la méconnaissance des attentes de chacun suffit, bien souvent, & créer de mauvaises situations. Toute situation excessive pourrait conduire à formaliser les conditions de négociation entre la banque et l’entreprise. Dès lors, il devient difficile de garder son sang froid et de bien avoir à l’esprit que l’important avec son banquier est ce que l’on cherche à obtenir et non pas la manière dont on l’obtient. Nous ne saurions assez insister sur le fait qu’il convient d’éviter toute réaction passionnelle, même justifiée, dans la gestion des conflits bancaires. Il n’en demeure pas moins que, devant une des situations que nous avons reproduites dans les pages précédentes, l’entreprise se doit de réagir. Cette réaction doit être proportionnée et doit servir à préciser la position de votre banquier plutôt qu’à le sanctionner. L’important, à présent, était de connaitre ce que la banque est en mesure de faire ou est disposée à faire pour rattraper une situation qu’elle a elle même participé à créer.

  • Première possibilité : l’action de votre banquier était réfléchie et prenait en compte les options qui vous étaient offertes pour lui faire connaître votre mécontentement. Il ne vous reste plus qu’à envisager de vous séparer ou de vous désengager de votre banque, sans avoir oublié préalablement de prendre les précautions nécessaires. Il est toutefois souhaitable de s’assurer des réelles intentions de son banquier, en prenant de nouvelles mesures de rétorsion proportionnées à l’indifférence dont il fait preuve.
  • Seconde possibilité : les mesures prises par votre banquier étalent motivées par des considérations autres que l’appréciation qu’il porte à votre entreprise. Devant votre réaction, il peut s’estimer prêt à revoir sa position pour ne pas risquer de laisser se dégrader la situation. Dans ce cas, vous aurez permis de rétablir les conditions propres au bon déroulement d’une nouvelle négociation. Il vous appartient alors de montrer votre détermination, ou de jouer de petites concessions pour parvenir à un accord au mieux de vos intérêts. L’essentiel est de ne pas laisser s’installer l’incompréhension qui pourrait surgir entre les deux partenaires, et de restaurer à tout moment le dialogue. Connaître les pratiques bancaires en matière de rapport de force, c’est en partie pouvoir y répondre, et revendiquer à tout moment le droit de négocier à armes égales.

Jusqu’où aller ?

  • Nous l’avons écrit précédemment, il est important de bien proportionner sa réaction, pour ne pas conduire * des situations irréparables. Cette préoccupation est essentielle, mais il en existe une autre tout aussi importante qu’il convient de ne pas négliger. Il s’agit d’estimer au mieux le préjudice qui pourrait involontairement en résulter pour l’entreprise. Les principes de base en matière de gestion imposent un chef d’entreprise de prendre des mesures dont le coût pour l’exploitation ne saurait être supérieur aux avantages qui seraient concédés en retour.
  • Il faut toujours avoir présent à l’esprit que les mesures de rétorsion peuvent conduire à se séparer de sa banque. Cette dernière ne doit donc pas être indispensable à l’entreprise. Assurez vous que les crédits nécessaires à l’entreprise ne seront pas affectés, que les opérations traitées avec cette banque sont susceptibles d’être effectuées à des coûts similaires avec une banque concurrente, que les opérations restant en cours ne seront pas compromises au cas où la banque ferait preuve de mauvaise volonté.
  • Les mesures de rétorsion classiques consistent * reporter dans une banque concurrente les opérations génératrices de bénéfices Importants pour la banque que l’on cherche à sanctionner. Il faut donc comparer le coût de ces opérations entre les différents établissements considérés, puis évaluer les conséquences pour l’entreprise.
  • De telles mesures devant servir à préparer le dialogue, il est Important de ne pas trop s’engager avec une autre banque. Au cas où l’entreprise parviendrait à un accord avec la banque sanctionnée, le retour à une situation normale ne doit pas porter préjudice à la banque concurrente. Cette dernière pourrait se formaliser d’un revirement de situation qui ne serait en rien motivé par son attitude.
  • Nous voyons donc qu’il est Important de bien mesurer les conséquences d’une mesure de rétorsion. Un chef d’entreprise ne saurait, là encore, prendre assez de précaution, s’il devait se laisser aller à des réactions passionnelles. Pour se préparer à bien gérer les relations conflictuelles qui peuvent surgir avec une banque, il est nécessaire d’envisager les solutions dont on dispose, pour ne pas être pris au dépourvu.