Quelles sont les limites a l’utilisation de l’escompte pour l’entreprise ?
Les variations de coûts d’un effet à un autre. Lors d’une entrevue avec votre banquier, ce dernier indique généralement le taux de l’escompte. Mais, souvent, ce taux ne correspond pas à la totalité du coût du crédit. Entrent en compte également les commissions et frais annexes, le calcul des agios, et le montant du capital mis à votre disposition.
Prenons l’exemple d’un TBB égal à 10%.
Nous avons vu qu’il faut ajouter au minimum 0,6% soit 10,6%. Les agios sont payables d’avance, ce qui augmente les taux de crédit.
Soit un crédit de 10 000 FF à un taux de 10%. L’entreprise bénéficie de 10 000 francs pendant la durée de son crédit et paye des intérêts de 1000,00 FF.
Dans le cas de l’escompte l’entreprise bénéficie de 9000,00 FF pendant la durée du crédit soit un taux de 1000/9000=11,11%.
La banque applique souvent un taux différent selon la nature de l’effet escompté. Elle accroit le coût de son intervention, pour tenir compte des risques liés à l’escompte de l’effet.
L’escompte d’un effet de commerce donne lieu à la perception d’au moins dix jours de banque, quelle que soit la durée réelle de l’effet, en raison des Importantes manipulations de papier et des opérations diverses. Même si les agios que l’application du taux d’intérêt sur un effet fait apparaître sont inférieurs au montant minimum décrété par la banque, c’est ce montant qui sera retenu. Il est d’ailleurs variable selon les établissements.
L’importance des frais annexes montre bien que l’escompte doit d’être utilisé de préférence lorsque l’effet de commerce est d’un montant élevé et de longue durée. Dans le cas contraire, le coût réel d’une remise à l’escompte peut être supérieur à d’autres formes de crédits.
L’escompte ne permet pas une gestion optimale de la trésorerie.
Il est difficile de financer un besoin en trésorerie à parue d’effets remis à l’escompte pour deux raisons principales :
Un besoin en trésorerie n’est pas toujours d’un montant uniforme sur une période donnée. Il peut être, par exemple, de 100 la première semaine, de 1000 la seconde, et de 20 la dernière, Si l’entreprise peut couvrir ce besoin par une traite d’une durée de 21 Jours, son montant doit être de 1120. L’entreprise sera créditée en banque de 900 la première semaine et de 980 la dernière. Ces soldes créditeurs seront payés au taux de l’escompte.
Il est rare que la durée d’un besoin en trésorerie coïncide avec la durée d’un effet remis à l’escompte. Imaginons que le besoin en trésorerie soit de 1000 sur une durée de 21 Jours. Si l’on remet à l’escompte un effet d’un montant de 1000 pour une durée de 30 jours, l’entreprise sera créditrice pendant 9 jours (30-21). Elle payera pendant 9 jours son solde créditeur au taux de l’escompte, et il ne lui rapportera rien