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 Poulpe : levée de bouclier

Après l’annonce de la plate forme d’accord sur la nouvelle stratégie d’exploitation de la pêche poulpière, les opérateurs du segment côtier se sont sentis marginalisés et défavorisés Les marins pêcheurs, eux, se trouvent menacés par la perte de leur emploi.

La nouvelle stratégie pour l’exploitation de la pêche poulpière est enfin finalisée et approuvée par le gouvernement. Cette stratégie baptisée « plan d’aménagement de la pêche au poulpe » a mis plus de quatre mois de négociations avant d’être présentée dans sa dernière mouture.

Pourtant, elle n’est pas passée sans la grogne de certains professionnels du secteur, en l’occurrence ceux de la pêche côtière. Ils se sentent défavorisés et marginalisés. « Ce plan d’aménagement est inique en ce sens qu’il spolie la pêche côtière de ses droits de pêche traditionnels et séculaires », rapporte le communiqué de la Confédération nationale de la pêche côtière au Maroc au lendemain de l’approbation du plan dont plusieurs dispositions sont pointées du doigt. Les professionnels de ce segment dénoncent la réduction du nombre des navires autorise à pêcher le poulpe. Le plan le fixe à IOC unités alors que la flotte côtière en compte actuellement près de 280. Ce qui constitue, d’après le même communiqué une baisse de l’activité de ce segment qui. une fois privé de cette pêche, risque de s voir forcé à l’arrêt. En outre, « seuls ce 100 bateaux sont autorisés à intervenir dans le Sud où il y a le plus de ressources », précise Abdelkrim Fotat, président du Groupement professionnel uni de la pêche côtière. En effet, le plan a instauré le principe du système de zoning qui identifie la zone de pêcherie poulpière du cap Boujdou ; au cap blanc (Lagouira). Précisons que ces 100 bateaux ont été sélectionnés parce qu’ils répondent à certaines conditions. Soit qu’ils sont immatriculés dans les ports de Dakhla ou Laâyoune, soit qu’ils aient déchargé Et à lui d’ajouter : « Malheureusement, 70% de la pêche hauturière est entre les mains des étrangers, seuls une cinquantaine au maximum d’armateurs sont marocains.

poulpe au moins 30 fois ces quatre dernières années. Dans ce contexte, « les autres chalutiers côtiers sont condamnés à pêcher autre chose que ne leur permet leur droit », martèle Fotat.

Les marins pêcheurs menacés

S’agissant de la pêche hauturière, le nombre de bateaux autorisés à pêcher le poulpe a été maintenu (près de 280 navires). D’ailleurs, le nouveau plan a institué le système de quota individuel par navire. Ce dernier, exprimé en pourcentage de quota du segment hauturier, est ajusté au moyen d’un coefficient de pondération en fonction de la puissance motrice des navires. Il offre également la possibilité de la pêche d’espèces autres que le poulpe, y compris pendant les périodes de fermeture de la pêche au poulpe.

 En plus, il instaure la possibilité d’affecter, pendant une année, au maximum, une partie de la flotte dans les pêcheries autres que la crevette et de transférer son quota au profit de la flotte restante de l’entreprise ou groupe d’entreprises. Ce système de transférabilité des quotas a suscité la colère des professionnels du secteur. L’armateur peut ainsi réaliser le même quota avec moins de bateaux en mer et donc moins de marins. En réaction à cette situation, un armateur martèle : « Certes ce système va permettre de gagner en termes de compte d’exploitation et de chiffre le d’affaires, mais ce serait au détriment des collectivités, il y aurait moins de charges salariales et fiscales ». Précisons que le volet social a toujours constitué un véritable problème pour les anciens ministres de la pêche car il a fallu rationaliser l’effort de pêche sans que cela ne se fasse au détriment des marins pêcheurs.