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 Le risque financier

Notons tout d’abord que dans leur grande majorité, les banques analysent désormais le risque financier de leur client au moyen d’un ordinateur. L’exploitant bancaire doit en relativiser les conclusions grâce aux éléments de réflexion que nous venons d’évoquer : potentiel humain de l’entreprise, mais surtout étude industrielle et commerciale. L’informatique permet d’obtenir un jugement impersonnel, chiffré à partir de méthodes de calcul destinées en priorité à dégager les possibilité de remboursement de l’affaire. Elle permet de mettre des garde fous à l’endettement des entreprises, et constitue un moyen de surveillance très efficace. Les banques n’étant pas en mesure de suivre les difficultés journalières de leurs clients, les programmes informatique incorporent pour chaque entreprise les limites et les seuils d’alerte.

Analyse des chiffres

Préalablement à toute analyse sur la rentabilité de l’entreprise, le banquier étudie les chiffres bruts à partir des informations que lui fournissent le bilan et le compte de résultat.

  • Le chiffre d’affaires, principal élément de l’évolution de l’activité, sera appréhendé dans le compte de résultat par le poste vente. Le banquier appréciera particulièrement que votre chiffre d’affaires soit en progression régulière, même si cela ne signifie pas forcément que vous augmentez vos bénéfices.
  • La capacité d’une entreprise à générer des bénéfices est un élément déterminant pour le banquier. C’est pourquoi, il étudiera ensuite votre marge d’exploitation, c’est à dire les sommes que vous recevez de vos clients compte tenu de vos dépenses. Il mettra en évidence :
  • La rentabilité de l’affaire, Indépendamment du coût de financement.
  • La marge fiscale, après incorporation des charges financières et après corrections dues aux amortissements et aux provisions.
  • Enfin, une comparaison des résultats obtenus avec les années précédentes, ou une décomposition sur les douze mois de l’exercice, permet d’évaluer la part due aux phénomènes conjoncturels.

Les ratios

Alors que les chiffres absolus traduisent une tendance, la banque dispose d’autres moyens pour suivre l’évolution de l’équilibre financier de l’entreprise. Ces moyens consistent à établir des comparaisons entre certains postes du bilan et du compte de résultat, afin de pondérer les chiffres bruts et de rechercher leurs influences respectives. Les rapports ainsi obtenus sont appelés "Ratios". Ils sont utilisés à l’état brut selon leur évolution dans le temps, ou par comparaison avec ceux d’entreprises du même secteur économique.

Les ratios sont très nombreux. Nous nous contenterons d’un rapide survol des plus utilisés par les banquiers. Le lecteur désireux d’approfondir cette technique parfois délicate aura soin de se reporter aux ouvrages spécialisés déjà nombreux dans ce domaine.

La banque, lorsqu’elle prête à court terme sans disposer de garantie particulière, doit s’assurer que l’entreprise sera en mesure de rembourser les prêts qu’elle contracte. Il faut donc que cette dernière dispose de revenus suffisants pour honorer les annuités de remboursement de ses emprunts à terme. C’est à partir de son auto finacement, c’est à dire du Cash Flow (amortissement + bénéfice net) que l’entreprise remboursera. Le Cash Flow sert en outre à payer les dividendes aux actionnaires, la partie des investissements non financés par de nouveaux emprunts et l’augmentation éventuelle du besoin en fonds de roulement.

Il faut donc que le solde restant soit supérieur à l’annuité de remboursement des emprunts. Toutefois, le banquier ne peut risquer de voir apparaître un contentieux global, en cas de cessation de paiements, en raison d’une insuffisance de revenu d’un exercice. C’est pourquoi l’analyse de la capacité de remboursement à court terme sera complétée par un calcul à plus long terme de la solvabilité de l’entreprise grâce au ratio :

Cette à long et moyen termes/Capitaux permanents

Le ratio d’endettement doit rester inférieur à 0,5 mais il s’agit là de critères de sécurité maximales, des banques plus permissives admettant une proportion d’endettement à terme pouvant aller jusqu’au double des fonds propres, en particulier dans le cas de sociétés en phase de démarrage ou en phase de forte croissance et de lords investissements, l’analyse se faisant surtout sur la capacité de remboursement par les Cash-Flows à venir.

La banque met ainsi en évidence le taux de dépendance de l’entreprise par rapport aux sources de financement extérieur. Elle estime par là le risque qu’elle prend en fonction de la possibilité d’être remboursée si l’affaire tournait mal. En effet, si les capitaux permanents sont suffisamment Importants pour couvrir les dettes totales de l’entreprise, la banque peut considérer qu’elle aura les moyens de se faire rembourser tôt ou tard. Dans le cas contraire, il faut savoir qu’il existe des priorités dans le remboursement des créanciers. Si une entreprise dépose son bilan, les créanciers jouissant d’un privilège seront payé s en priorité. Il s’agit du personnel, de l’Etat et de la Sécurité Sociale. Les créanciers qui disposent de garanties réelles, les hypothèques par exemple, auront toutes les chances d’être remboursés. La banque qui prête à court terme est généralement la dernière à être payée. Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi le ratio de solvabilité, accompagné de l’étude des créanciers de l’entreprise, peut être important pour accorder des crédits à court terme.

Tous ces éléments d’analyse et de prévision permettent au banquier d’apprécier le risque qu’il prend en consentant un crédit, même à court terme. C’est un travail préalable indispensable pour justifier l’utilisation des fonds bancaires et des rapports qu’il entretient avec sa clientèle. En effet, une décision qui ne serait pas motivée pourrait entraîner des conséquences de nature juridique mettant en cause la responsabilité de la banque. Soit qu’elle ait supprimé des crédits déjà consentis sans motif valable, ou qu’elle a contribué à soutenir une entreprise en difficulté en maintenant ou en augmentant les crédits. Elle prend le risque d’être poursuivie pour dénonciation abusive ou pour malveillance en induisant en erreur les créanciers de l’entreprise, si elle ne peut apporter les éléments concrets qui motivent son choix.