Moyens internes
L’environnement économique
Il serait faux de croire qu’il suffit d’obtenir un prêt de son banquier pour ne plus avoir recours à ses services. Et ceci pour deux raisons. Tout d’abord parce que le banquier peut, dans quelques cas seulement, supprimer des crédits déjà accordés, mais surtout parce que l’entreprise a besoin de son concours journalier pour financer ses besoins de trésorerie à court terme. Or, si le banquier mesure le risque qu’il prend lorsqu’il accorde un prêt, on peut estimer que ce risque de départ s’accentue considérablement au cours de la vie d’une entreprise. Avant même de constater les signes précurseurs de difficultés : incidents de paiement ou découverts permanents trop importants, la banque cherchera à estimer la vulnérabilité de l’entreprise. SI elle constate que cette dernière ne dispose pas de rentrées suffisantes lui permettant de faire face à ses échéances, elle prendra les mesures en conséquence, et se refusera à alimenter le cercle vicieux qui conduirait à prêter indéfiniment.
Le banquier est donc amené à porter en permanence un jugement sur la rentabilité de l’entreprise. Il se montrera peu disposé à supporter des risques. C’est pourquoi le chef d’entreprise a le devoir de le rassurer. Il dispose pour ce faire des contacts quotidiens qu’il entretient avec le chef d’agence ou le responsable de son dossier. Il doit profiter de ses contacts humains pour évoquer le contexte économique dans lequel évolue son entreprise, et insister sur la rentabilité de ses projets.
Toutefois, ces quelques renseignements informels ne sauraient suffire à Juger son dossier. Le banquier sera donc particulièrement sensible aux éléments qui lui seront fournis par une analyse bancaire interne, ou par la Banque de France. Les chiffres, et particulièrement ceux qui résultent d’une analyse fine de la structure financière de l’entreprise, constituent pour lui des preuves un peu plus tangibles pour justifier de l’accord d’un prêt.
Connaître les moyens dont se sert votre banquier pour juger votre entreprise, c’est en partie comprendre les arguments de votre interlocuteur et pouvoir les discuter.
Le risque humain
Nous l’avons dit, le contact humain est le premier moyen dont dispose le banquier pour juger de la compétence du personnel de l’entreprise. Toutefois, ce jugement dépasse les quelques personnes qu’il côtoie quotidiennement. Il cherchera aussi à estimer la valeur de l’encadrement et la cohésion de l’équipe. Ces éléments ont une grande incidence sur les résultats de votre entreprise et votre banquier en est conscient. C’est pourquoi, même s’il ne vous presse pas de questions, il sera très réceptif aux quelques éléments que nous avons schématisés dans le tableau 1 ci dessous. Afin de ne pas laisser se propager de faux bruits, qui risqueraient de vous porter préjudice, nous vous conseillons de tenir votre banquier informé des modifications substantielles qui pourraient intervenir dans votre entreprise.
L’étude industrielle et commerciale
Le banquier doit aussi être parfaitement informé des conditions de production et de gestion commerciale de l’entreprise.
L’étude Industrielle et commerciale qu’il réalise est déterminante pour connaître la tendance du marché et les probabilités de compétitivité de votre entreprise dans l’avenir. Mais elle est surtout indispensable pour comprendre et analyser les chiffres bruts qu’il consultera au cours de l’analyse financière. Par exemple, une analyse financière peut être très satisfaisante pour une entreprise qui a amorti son matériel et qui a réussi à financer son besoin de trésorerie en mobilisant ses créances commerciales. Toutefois, le banquier pourrait refuser un prêt en arguant, à juste titre, que le matériel vétuste et l’avenir commercial du produit ne permettront plus de maintenir longtemps le taux de liquidité constaté. Inversement, pour une toute jeune entreprise, l’analyse financière peut faire apparaitre une structure de bilan déséquilibrée, alors que l’état de la concurrence et le carnet de commande laissent deviner une croissance importante.