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 Plaidoyer pour une france qui doute

Au gré de la mondialisation, la France semble perdre peu à peu ses. repères. Parmi les foules qui prédisent le dédain de ce pays, une voix s’élève, celle de Jean Boissonnat, pour crier que la France n’est pas démissionnaire.

Après avoir connu ses heures de gloire et contribué activement plus grands projets économiques et politiques internationaux, la France est elle dans l’impasse ? La révolte des Français contre leur gouvernement est au summum. Et ils l’ont bien montré lors des dernières régionales. Une gifle pour la droite ? Une gloire pour la gauche ? Personne n’ose s’avancer dans des commentaires. L’heure est à l’expectative et à la prudence. A défaut de donner une image réelle des tendances politiques des régions, les résultats du scrutin laissent apparaître un grand malaise national. Le livre de Jean Boissonnat arrive à point nommé pour essayer d’analyser la situation et remonter la filière qui mène aux raisons de ce bouleversement politique et économique. C’est avec le recul de l’éditorialiste que l’ex directeur des rédactions du groupe L’Expansion dresse ce « Plaidoyer pour une France qui doute ». Jean Boissonnat crie à qui veut l’entendre que la France ne court pas à la catastrophe et qu’elle que la France n’est pas démissionnaire.

n’est pas sur une pente raide. Certes, l’âge lui pèse et la mondialisation l’inquiète, mais elle s’en est bien tirée jusque là et elle n’est pas la dernière de la classe de l’Europe des 15. « A vrai dire, la France ne sait plus où se situe sa place dans un monde qui change trop vite », écrit l’auteur. Pour lui, les deux événements majeurs qu’a vécus la France en ce début de siècle l’ont tellement secouée qu’elle en a perdu ses repères. Il y a eu d’abord l’avènement de l’euro qui a remplacé le franc dans les porte monnaie des Français puis l’effondrement « des Tours de Manhattan sur New York, capitale du monde », mettant à nu la vulnérabilité de la superpuissance américaine. Les Français n’étaient pas tous au même niveau de préparation et d’acceptation de cette mondialisation galopante. Et pour en connaître les raisons, l’auteur plonge au plus profond de l’histoire, remontant pas à pas l’évolution de la France en termes de population, d’économie, d’influence politique et culturelle. Jean Boissonnat s’attarde un peu plus longtemps sur le rôle qu’elle a joué dans la construction de l’Union Européenne et ce que cela lui a apporté.

Aujourd’hui, nous voilà devant le démarrage d’une nouvelle étape de la construction européenne en 2004, avec l’entrée en jeu de dix nouveaux pays dans l’Union. On se demande, à ce titre, ce que la France aura à dire devant une telle mutation, ce qu’elle pourra y apporter et ce qu’elle peut en attendre. La France change et changera encore, mais elle ne s’est pas pour autant effacée ni ne semble prête à le faire. Elle l’a bien montré à travers ses positions dans les conflits récents et les relations avec les Etats Unis. Cependant, les peuples ont la mémoire courte. Et c’est ce que Boissonnat reproche aux Français en générai et à ceux qui, selon lui, s’acharnent à faire le procès de la France. Certes, les exploits économiques ne sont pas toujours au rendez vous et les indicateurs ne sont pas très réjouissants, mais il faut tout de même reconnaître que la fécondité résiste mieux en France que chez ses voisins européens et que la compétitivité du pays. s’est améliorée depuis vingt ans.

Se complaisant dans le rôle d’avocat du diable, Jean Boissonnat estime qu’à chaque étape de son histoire, la France s’est cherchée un coupable de ses malheurs ou de ses retards. Aujourd’hui, il se trouve que le coupable désigné est l’Etat. Celui là même qui « a été l’un des moteurs de la modernisation de la France après la guerre serait devenu le rempart de tous nos archaïsmes », écrit il. Mais lorsque Boissonnat noircissait h dernière des 224 pages de son essai, il était loin de deviner qui les Français avaient décidé de taper fort et de passer à l’acte dans un vote sanction contre le gouvernement en place. Lorsqu’il a dit dans sa conclusion que cela se jouerait dans le dix ans à venir, il a peut être vu trop large..