Le chômage ralentit la consommation
Si la consommation est favorisée par certains facteurs conjoncturels, il n’en demeure pas moins que la situation actuelle de l’emploi la ralentit.
En 2004, la consommation montre une légère reprise grâce au soutien de certains facteurs conjoncturels, principalement l’affermissement des revenus des ménages ruraux, conséquent à l’amélioration de la campagne agricole. De plus, les ménages pourraient accroître leurs investissements en logements compte tenu du processus de détente des taux d’intérêt et des dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour faciliter l’accès au logement économique.
Toutefois, un facteur important entrave l’élan de la consommation. Il s’agit notamment de la hausse du taux de chômage. L’inflation, quant à elle, marque durant les deux premiers mois de l’année en cours, une évolution qui n’est pas aussi alarmante.
24% de la population active au chômage
La faiblesse du marché du travail est la principale menace actuelle pour la consommation. Les créations nettes d’emplois rémunérés demeurent faibles. Sur les 426.000 postes d’emplois créés en 2003, plus de 63% sont non rémunérés. Ainsi, le niveau de l’emploi rémunéré créé n’a pas conduit à un recul du chômage en 2003. Au contraire, le taux de chômage a marqué une hausse par rapport à l’année 2002 à 12,8%. Le ratio "emploi population en âge de travailler (15 ans et plus)" est, de son côté, passé de 44,8% à 45,7%. La situation est d’autant plus préoccupante lorsqu’on constate que cette situation concerne essentiellement les diplômés, représentant 24% de la population active en chômage. Cette situation devrait perdurer, surtout que le système productif a montré son incapacité à résorber le déséquilibre persistant. Même le secteur public n’est pas en mesure de contribuer à la résolution de ce problème qui dérange depuis des années et qui plombe, depuis des années, la consommation. Concernant le niveau actuel de l’inflation, il est moins inquiétant, même si, depuis le début de l’année 2004, cet indicateur non isolé de l’économie est en train s’affiche en hausse en comparaison avec l’année précédente pour la même période. C’était d’ailleurs le cas durant les trois premiers mois de l’année en cours. Ce qui, en quelque sorte, ne favorise pas des gains en termes de pouvoirs d’achat salariaux au moins par rapport à l’année passée. En effet, en comparant la première partie de l’indice du coût de la vie de l’année 2004 avec ceux de l’année 2002 et 2003, on peut s’apercevoir du renchérissement des prix. Une évolution qui concerne, bien que de façon disparate, toutes les villes marocaines.