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 Contrôles volontaires

Le mot qui vient sur toutes les lèvres, quand on cherche à juguler l’inflation, est celui de contrôle. Le contrôle est l’anathème pour certains économistes, une panacée pour d’autres. A notre avis, il n’y a pas un ensemble de remèdes que l’on pourrait appeler « contrôles », mais tout un spectre de possibilités, et il y aurait beaucoup à dire pour certains et contre d’autres.

Un des types de contrôle les plus faciles et les moins envahissants consiste à suggérer de limiter les hausses de salaires et de prix. L’idée sous jacente à ce principe directeur est claire et correcte. Si tout le monde est d’accord pour limiter la hausse de ses propres revenus à, disons 5 %, le taux d’inflation doit rapidement chuter et personne ne doit s’en trouver plus mal. Une décision collective comme celle là ralentirait l’escalade, mais ne changerait en rien nos positions respectives.

Le problème consiste à faire respecter une politique volontaire de revenus. Malheureusement, à moins que tout le monde ne coopère, le système ne marchera pas, et les tentations de tricher sont énormes. Tout le monde voit le terrain si chaque spectateur d’un match de football reste assis à sa place, et personne ne gagne à ce que tout le monde soit debout. Mais si tout le monde reste assis, quelques tricheurs arrivent à mieux voir, alors que si tout le monde se lève, les rares personnes qui respectent le règlement ne voient pratiquement plus rien.

Les contrôles volontaires échouent pour la même raison : les plus disciplinés sont brimés. C’est pourquoi un certain nombre de systèmes ont été conçus pour rendre l’adhésion à ces programmes rentable (mais non obligatoire) en même temps que patriotique. Citons, par exemple, les plans d’incitation fiscale qui prévoient des pénalités pour les entreprises accordant des salaires supérieurs aux taux de rémunération recommandés. Si les plans d’incitation fiscale avaient encouragé tous les employeurs à jouer le jeu, les augmentations de salaires seraient restées cohérentes et aucun syndicat n’aurait été désavantagé par rapport à d’autres. C’est pourquoi ces plans suscitent un intérêt considérable, mais les difficultés qu’ils rencontrent sont d’ordre administratif plus qu’économique. Leur application exige, en effet, un certain degré de surveillance et d’ingérence de la part des pouvoirs publics, générateurs de bureaucratie et de friction. Cependant, si les autres mesures échouent, cela vaut peut être la peine de s’accommoder de cette difficulté.