Les secteurs cimentier et agroalimentaire son les plus prisés de la cote. Ils sont les deux secteurs industriels à trop miser sur l’investissement. Dans le futur, les cours en bourse ne peuvent que profiter des projets lancés.
Sur le marché boursier marocain, les investisseurs en valeurs mobilières ne sont pas très sensibles aux investissements prévus ou réalisés par les sociétés cotées. Comme ils ont une vision à court ou à moyen terme, ils s’intéressent davantage à la rentabilité et aux fondamentaux financiers (résultat net, chiffre d’affaires, compte d’exploitation...) de l’entreprise dont ils détiennent les titres. C’est pourquoi, à court terme, il n’y a pas de forte corrélation entre l’investissement et le cours. « L’effet des investissements engagés par une société cotée sur sa valeur en bourse est plus mesuré sur le long terme. Les résultats de ces derniers n’étant perceptibles que dans le futur », explique Sébastien Hénin, gérant de portefeuille à CFG. En effet, à présent, les secteurs les plus prisés de la cote sont ceux des matériaux de construction, principalement les cimenteries et l’agroalimentaire. Ceci dans la mesure où ilslaissent prévoir de bonnes perspectives de croissance dans les années à venir.
Déjà, les cimenteries (Ciment du Maroc, Lafarge Ciment et Holcim), grâce à leurs efforts en termes d’investissement, affichent de belles performances financières aujourd’hui. Des efforts qui ne s’arrêtent là, mais qui sont appelés à s’accélérer. En effet, vu le rythme de la demande et de la production du cime les cimenteries devront faire face à la problématique se retrouver en sous capacité. De ce fait, elles sont obligées d’investir davantage et dès maintenant, avec la multiplication des accords bilatéraux et multilatéraux, et donc d’autres considérations sont prises en compte dans l’équation. Pour Lafarge Ma par exemple, en dehors du démarrage de l’Usine Tétouan II qui a coûté la bagatelle de 1,2 milliard dirhams, ce cimentier envisage de porter la capacité globale à 5,5 millions de tonnes et ce, à travers l’extension de la deuxième ligne de Bouskoura (900.000 tonnes), dispositif opérationnel à partir de l’année 2006. Des actions qui s’inscrivent dans l’anticipation de la croissance du marché. Comme d’ailleurs souligné Jean Marie Schmitz, directeur général de Lafarge Maroc : « Nous sommes proches d’un taux maximum de l’utilisation de nos capacités ». Le cours en bourse, lui, intègre aussi bien résultats actuels de la société que ses perspectives de croissance future. Sa performance depuis le début de l’année 2004 est de plus de 20% avec un cours qui traite actuellement à plus de 2.400 dirhams. Ciment du Maroc projette également le développement des capacités de production des sites, essentiellement celui de Safi (+30%) par la mise en place d’une pré calcination et celui d’Agadir. L’investissement de Sali nécessitera près de sept millions d’euros. Celui d’Agadir coûtera près de 70 millions d’euros. Ciment du Maroc envisage également d’investir en Egypte. Tous ces programmes ont eu des incidences positives sur le cours. Celui ci coûte actuellement plus de 1.420 dirhams, soit un gain de plus de 30% depuis le début de l’année. Il n’en demeure pas moins que le titre récolte aussi les fruits du programme d’investissement lancé depuis des années. Le groupe Holcim adopte presque la même stratégie en matière de développement de ses capacités de production. La première phase du projet de construction d’une cimenterie à Settat est déjà lancée et ce, avec la réalisation d’un centre d’ensachage et de distribution de 500.000 tonnes par an, opérationnel à partir du début 2005. En bourse, le titre Holcim surfe sur la croissance. Il a pu gagner plus de 28% durant les quatre derniers mois avec une valorisation boursière située à plus de 1.290 dirhams. A cet égard, le secteur cimentier ne fait que refléter les bienfaits des investissements entrepris sur les cours boursiers. D’ailleurs, le parcours de la valeur Samir en bourse en est une forte illustration de la réactivité du cours aux engagements déclarés par le management. En effet, la non réalisation des investissements programmés a suscité la méfiance et le désintérêt aussi bien des analystes que des épargnants pour l’action.