L’importation de capitaux et la création monétaire
Les grandes organisations françaises du secteur privé ou public peuvent se financer en empruntant sur des places étrangères. Le produit de ces emprunts constitue un stock de devises que la Banque de France va conserver pendant la durée de l’emprunt. Elle émettra en contrepartie des francs mis à la disposition de l’emprunteur. Ces opérations, qui constituent de véritables importations de capitaux, ont été pratiquées en France (par exemple par EDF) à partir du premier choc pétrolier (1974).
Le contrôle du stock monétaire
Il est possible de récapituler les impulsions qui contribuent dans le cadre des institutions françaises à l’accroissement du stock monétaire :
- Accroissement du volume de crédit consenti au public par les banques commerciales (en particulier en période de reprise de l’activité),
- Accroissement du portefeuille de Bons du Trésor financé par la Banque centrale,
- Importations de capitaux.
Cette analyse permet de remarquer que la création monétaire n’est pas indissolublement liée au déficit budgétaire. Le stock monétaire peut s’accroître sans déficit ; un déficit, s’il n’est pas financé par la Banque centrale, n’est pas directement créateur de monnaie.
Les instruments dont usent les autorités monétaires françaises pour agir sur le stock monétaire sont en conséquence les suivants :
- Modification du taux d’intervention de la Banque centrale. Une hausse de ce taux propagée au taux du crédit bancaire amène les entreprises et les particuliers à modérer leurs demandes. Cette politique de taux est cependant limitée par la confrontation du marché financier national aux marchés financiers internationaux. En outre, une hausse du coût du crédit tend à déprimer l’activité économique générale.
- Les limites de la manipulation des taux ont souvent amené les pouvoirs publics en période d’inflation forte à pratiquer l’encadrement du crédit, c’est à dire à interdire aux banques commerciales un développement de leur portefeuille de crédit de plus de 10 % par exemple.
Ces mesures d’encadrement du crédit « bloquent » l’expansion de la masse monétaire mais suppriment la concurrence entre les banques dont les parts de marché anciennes se trouvent garanties. Aussi les autorités monétaires elles mêmes ne les adoptent elles généralement qu’à titre temporaire.
Il va sans dire que ces mesures d’encadrement ne permettent de modérer la croissance du stock monétaire que si le financement direct du Trésor par la Banque de France est lui aussi simultanément réduit ou supprimé.