Crédit et création monétaire par les banques commerciales
A première vue, il pourrait sembler que le stock monétaire existant en France (offre de monnaie) résulte essentiellement du comportement des banques commerciales. En cherchant à réaliser des profits par l’offre de crédits bancaires, celles ci mettent à la disposition des ménages et des entreprises des dépôts à vue qui constituent une partie de la masse monétaire. Ce pouvoir de création monétaire est cependant modéré par deux éléments fondamentaux : d’une part le public demande à détenir une part des crédits qui lui sont consentis sous forme de billets (dont le stock ne peut être augmenté que par la Banque de France), d’autre part les autorités monétaires exigent des banques commerciales qu’elles mettent en réserve une proportion fixe de leurs dépôts à vue. Cette proportion est connue sous le nom de coefficient de réserves obligatoires.
Refinancement du système bancaire par la banque de France
Lorsque les stocks de billets demandés par le public et les réserves obligatoires épuisent les ressources des banques, celles ci peuvent s’en procurer en empruntant auprès de la Banque centrale. Le taux auquel la Banque de France prête son concours aux banques commerciales (taux d’intervention) constitue un élément du coût du crédit répercuté aux emprunteurs. Il est donc possible à la Banque centrale d’influer sur le coût du crédit et, par suite, sur la dimension du stock monétaire si les demandes de crédit réagissent à ce renchérissement.
Le trésor, emprunteur privilégié
Les déficits budgétaires de l’État peuvent être financés par des émissions d’obligations placées sur les marchés financiers en concurrence avec les titres privés. En France, l’État se finance aussi au moyen de Bons du Trésor dont le taux d’intérêt est généralement considéré comme trop faible pour intéresser les banques commerciales. L’État est donc amené à placer les Bons du Trésor dans le public, et lorsque les possibilités d’absorption de ce dernier ont été saturées, il peut contraindre la Banque Centrale à les acquérir, provoquant ainsi une augmentation du stock monétaire global.