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 Les mécanismes de la création monétaire en france

Les institutions monétaires françaises diffèrent parfois notablement de leurs équivalents observables dans les pays anglo saxons, aux États Unis en particulier. Les traits distinctifs du système français tiennent à son caractère centralisé ainsi qu’au rôle très important qu’y joue l’armature bancaire et l’intermédiation financière, c’est à dire l’adaptation de l’épargne des ménages aux formes d’emprunt préférées par les investisseurs.

La centralisation se manifeste par un contrôle particulièrement étroit de l’activité bancaire fondé sur une réglementation et une tradition puissantes, confirmées récemment par les nationalisations décidées par le gouvernement issu des élections de 1981. Elle implique également une subordination de la Banque de France vis à vis du gouvernement. Ce dernier est en effet entièrement responsable de la politique monétaire dont la Banque centrale ne peut lui refuser les moyens. Il n’en va pas de même aux Etats Unis où les dirigeants du Fed (governors), nommés pour une période de quatorze ans, échappent largement aux directives de l’administration. Il est donc difficilement concevable que se produise en France un conflit tel que celui qui a récemment opposé le responsable du Fed (M. Volker), attaché à une expansion monétaire modérée, et le président Reagan, désireux de lui « vendre » une partie de la dette publique provoquée par ses doubles engagements concernant les réductions d’impôts d’une part, l’augmentation des dépenses d’armement d’autre part.

L’importance de l’intermédiation financière réalisée par les banques facilite en France le contrôle des autorités centrales, en particulier sur les mécanismes d’allocation du crédit, et explique la part modeste qui revient a contrario au marché boursier dans le financement de l’économie.