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 La bourse et l’investissement

Comment la Bourse influe t elle sur les investissements des entreprises ? Les effets directs sont au nombre de trois. D’abord, la Bourse est traditionnellement le baromètre des espérances de tous ceux qui s’intéressent aux affaires. Il ne s’agit pas simplement des entreprises, car la demande ou l’offre de valeurs mobilières vient essentiellement des jobber, des agents de change et du public, plutôt que des entreprises industrielles elles mêmes. Quand le marché est à la hausse, c’est depuis toujours pour l’industrie le signe que le « climat des affaires » est favorable, et cela agit sur ce que Keynes appelait les « esprits animaux » des dirigeants pour les encourager à poursuivre leurs plans d’expansion. Quand le marché est à la baisse, par contre, l’impulsion se ralentit, et les chefs d’entreprise y regardent à deux fois avant de se lancer dans un programme d’expansion face au pessimisme général.

Ces rapports traditionnels sont cependant très amoindris par le pouvoir croissant de l’État d’influer sur l’évolution économique. Pour les entreprises, la Bourse était autrefois l principal indice de l’évolution à venir. Aujourd’hui, c’est vers Washington que l’on se tourne. C’est ainsi que depuis dix ans, alors que le marché boursier connaissait des variations considérables, les investissements industriels en usines et en équipements sont restés à peu près stables. Cela reflète la conviction des chefs d’entreprises que la politique gouvernementale préservera le fonctionnement économique, quoique « la Bourse » puisse en penser.

Un second effet direct du marché boursier sur l’investissement concerne la facilité d’émission de nouvelles actions. L’un des moyens de financer des investissements consiste à émettre des actions ou des obligations nouvelles dont le produit permettra l’acquisition d’usines ou d’équipements. Quand le marché est à la hausse, lancer une nouvelle émission est beaucoup plus facile que lorsque les cours baissent. C’est particulièrement vrai pour certains secteurs AT et T en est un excellent exemple dont les augmentations de capital proviennent beaucoup plus d’émissions d’actions que de bénéfices non distribués.

Enfin, quand le marché est très mauvais, les sociétés disposant d’importants bénéfices non distribués peuvent être tentées de racheter d’autres entreprises au lieu de consacrer leurs fonds à des dépenses d’investissements. En d’autres termes, l’investissement financier vient remplacer l’investissement réel ; Cela contribue à la croissance des sociétés en bonne santé, mais ne contribue pas directement à l’expansion économique générale.