P.N.B
L’une des causes du mystère qui enveloppe l’économie est le vocabulaire qui lui est propre. Il comporte, en effet, non seulement des mots courants comme épargne et investissement avec des acceptions qui ne sont pas tout à fait les mêmes que lorsqu’on les emploie dans la conversation de tous les jours, mais aussi des termes barbares et impressionnants comme macro économie ou produit national brut.
Tout irait bien si l’on pouvait purger l’économie de son jargon, mais c’est un peu comme si l’on demandait aux médecins de parler à leurs patients de leurs maladies en employant un vocabulaire courant. Il faut donc apprendre à parler un peu d’économie, c’est à dire se familiariser avec quelques termes de base qu’utilisent les économistes lorsqu’ils parlent de la situation économique.
Macro économie est l’un de ces termes bizarres. II vient du grec macro, qui signifie grand, et cela veut dire que la macro économie s’attaque à de très grands problèmes, notamment l’inflation et la récession, le chômage et la croissance économique. Toutefois, ce n’est pas là ce qui distingue la macro économie de sa soeur la micro économie dont nous parlerons plus loin. En fait, la macro économie implique une perspective, un recul qui met en relief certains aspects du système économique.
A quoi ressemble l’économie vue sous l’angle macro ? Ce n’est pas très différent de ce que nous avons vu dans les chapitres précédents. On regarde l’économie d’en haut, comme d’un avion, et l’on voit un vaste paysage peuplé d’entreprises, de foyers et d’administrations. Ensuite, quand nous regarderons l’économie sous l’angle micro, nous verrons exactement le même paysage, mais avec l’oeil d’un ver de terre et non plus celui d’un oiseau, ce qui s’accompagnera de changements aussi spectaculaires que surprenants.
En regardant l’économie de loin, nous verrons mieux qu’au ras du sol ce processus d’importance déterminante qu’est l’activité permanente de production à l’échelle nationale, la création et la recréation incessantes des richesses qui permettent au pays de reconstituer, de renouveler et d’accroître ses ressources matérielles. Ce grand flot central, dont nous dépendons tous, est ce qu’on appelle le produit national brut, souvent désigné par son sigle PNB. Lorsque les journalistes de la télévision annoncent une hausse ou une baisse du PNB, ils veulent dire que le fleuve de la production a crû ou décru, c’est à dire que nous produisons plus ou moins. En macroéconomie, la première tâche consiste à chercher pourquoi la production varie.