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 Modification de la réparation des revenus

Nous avons vu que l’augmentation de la production au XXe siècle a été phénoménale, mais que s’est il produit en ce qui concerne la répartition de cette production entre les différentes classes de la société ? Les riches sont ils devenus plus riches, et les pauvres plus pauvres ? La tendance s’est elle établie dans le sens d’une plus grande égalité ?

La réponse à cette question n’est pas facile à trouver. N’oublions pas que ce qui nous intéresse, c’est la modification des parts affectées aux différents groupes, et non les seuls montants absolus. On constate, c’est indubitable, une transformation fantastique dans le montant des revenus à tous les niveaux de la société : en 1950 par exemple, une famille passait dans les 5 % de la couche supérieure avec un revenu de 8 666 dollars, alors qu’en 1980 il en fallait 56 000. Cette augmentation énorme des sommes nécessaires résultait en partie des augmentations du revenu réel et en partie de l’inflation à peu près pour moitié. En dépit de cette augmentation généralisée du revenu, la proportion des familles appartenant aux, différentes classes est restée remarquablement stable comme le montre la figure ci après.

La répartition du revenu total parmi ceux qui se trouvent au sommet, au milieu ou en bas de l’échelle, n’a donc pas beaucoup changé.

Les pauvres ont une part un peu plus grande du gâteau total ; les gens aisés en ont une part un peu plus réduite. Il faut remonter aux années 20 pour constater une modification marquée. A l’époque, la part des 5 % du sommet était peut être deux fois plus forte qu’aujourd’hui. De plus, un certain nombre de programmes sociaux tels que la médecine gratuite (Médicare) ou les études supérieures subventionnées par l’État ont probablement fait monter les revenus réels des 20 % de la couche inférieure un peu plus que ne le montre le graphique.

Cela veut il dire que la pauvreté est en voie de disparition aux États Unis ? Sans aucun doute, le nombre de personnes qui se situent au dessous du niveau officiel de revenu minimum a diminué, dans l’absolu comme en proportion de l’ensemble de la population.

Cela reste vrai malgré le relèvement régulier du seuil de revenu minimum dû aux effets de l’inflation.

Au cours des vingt années écoulées, les conditions de vie dans les taudis de beaucoup de grandes villes ont empiré. Il est donc difficile d’affirmer que le problème de la pauvreté de l’ensemble du pays est moins grave qu’il n’était en fait, il l’est peut être plus.

Toutes ces considérations nous empêchent de porter un jugement clair sur les affirmations de Marx qui prévoyait une misère croissante ». Bien des gens estiment que c’est la moins justifiée de ses prévisions quant au capitalisme. D’autres affirment que par « misère » Marx entendait non pas le revenu monétaire mais la qualité de la vie. Il serait peut être équitable de dire que la misère financière a diminué beaucoup plus que Marx ne l’envisageait, mais que la misère mesurée par les conditions de la vie sociale pourrait bien n’avoir pas disparu autant que l’espéraient les critiques de Marx