Les tendances
Au chapitre précédent, nous avons pris une sorte de photographie instantanée de l’économie afin d’en étudier la structure et les dimensions. Il nous faut à présent quelque chose de plus dynamique un film plutôt qu’une photo. L’objet de ce chapitre est de projeter ce film, de donner au lecteur la conscience des principaux courants du demi siècle écoulé, courants qui nous entraînent encore vers l’avenir.
La première impression ne fait aucun doute : c’est le sentiment d’une croissance. Tout a grandi. Les entreprises ont pris de l’ampleur ; les syndicats se sont élargis ; les ménages se sont multipliés et chacun d’entre eux s’est enrichi ; la part de l’État s’est accrue. Et en arrière plan, c’est le système de marché lui même le grand flux circulaire des transactions qui s’est régulièrement amplifié.
La croissance n’est évidemment pas la seule chose remarquable. Une comparaison entre aujourd’hui et le début du siècle fait apparaître que les, entreprises ne sont pas seulement plus grandes, elles ont changé. Il existe actuellement beaucoup plus de sociétés anonymes qu’autrefois, les affaires se sont beaucoup diversifiées, les entreprises familiales ont diminué. Les ménages ont changé, car près de la moitié des femmes mariées travaillent aujourd’hui à l’extérieur. Les syndicats ouvriers ne sont plus limités à un seul secteur d’activité. L’État, plus grand lui aussi, a vu évoluer sa philosophie générale.