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 Portraits express au fusain

Pensez aux vacances et aux scènes que vous avez vues dans la rue. C’est à qui arrêtera le passant pour lui proposer son portrait. Si l’on craque, cela dure au moins d’une heure... et le résultat n’est pas toujours extraordinaire.

Le plus célèbre endroit en France est bien sûr la place du Tertre à Montmartre, passage obligé de tous les touristes. La foule se presse autour des « artistes », prouvant par là que le désir existe bien et qu’il y a un marché pour ceux qui rêvent de gagner leur vie en réalisant des portraits.

Le procédé est simple : il suffit d’acquérir un polaroïd, d’apprendre à faire de bonnes prises de vues et enfin de respecter les consignes de votre fournisseur de matériel pour transformer ce qui était une photographie en portrait au fusain.

Le bénéfice pour le client : obtenir un portrait fidèle au fusain pour un prix inférieur à celui d’un portrait réalisé à la main (75 francs au lieu de 200 francs au moins).., en beaucoup moins de temps. Finie l’obligation de tenir la pose, assis sur chaise inconfortable, au milieu d’un public curieux et parfois impatient (il attend son tour !).

Ce procédé, très souple, ne demande que quelques minutes. De plus, c’est une activité que vous pouvez exploiter en studio (si l’emplacement est bon) mais également sur un stand, dans les foires et les salons et dans tout lieu où règne une ambiance de fête.

Les studios spécialisés sont encore peu connus en France, ce qui leur ouvre bien des perspectives. Aux Etats Unis, en revanche, il existe à l’heure actuelle près d’une centaine de studios en exploitation, notamment sur les sites touristiques, dans les parcs d’attraction et les champs de foires. Le choix du site influe d’ailleurs beaucoup sur leur réussite, ainsi que sur leurs résultats. Bien placé, un studio de portraits au fusain peut rapporter un bénéfice de 350 000 francs en période touristique. Régulé sur l’année, le chiffre d’affaires annuel moyen sur lequel vous pourrez compter est d’environ 340 000 francs, pour un bénéfice d’environ 250 000 francs. Comme nous l’avons vu plus haut, un portrait réalisé par un artiste coûte au moins deux fois plus cher qu’avec le procédé photographique. Sur un prix de vente de 75 francs, comptez un prix de revient d’environ 12 francs.

Pour équiper votre studio, vous devrez donc investir dans l’achat d’un appareil Polaroïd, d’un banc de reproduction, d’une machine à développer et de divers autres matériels. Aménagez également une chambre noire et un labo de développement. Ajoutez à cela la location du studio et sa décoration. En clair, cela signifie un investissement d’environ 70 000 F qui chute à 30 000 F si vous exploitez cette activité en vous déplaçant (en supposant que vous utilisiez votre véhicule).
Un bon emplacement

C’est la valeur sûre de votre réussite, car à lui seul il fera votre publicité. Le rendement de votre activité sera souvent directement lié à sa qualité, et vos recettes seront proportionnelles au prix de la location de l’emplacement. Soyez donc à l’affût de toutes les manifestations régionales et n’hésitez pas à déménager dans le Sud de la France en période touristique.

La publicité devient indispensable si vous exercez dans un studio fixe. Pensez alors au marketing direct : petites annonces, prospectus dans les boîtes aux lettres. Soignez votre vitrine en y plaçant les portraits les plus réussis et affichez vos tarifs pour appâter les passants.

Cette activité se conçoit bien en activité annexe puisqu’elle peut être exercée le week end ou pendant les congés. Si c’est le cas et que vous envisagez de travailler dans la rue, essayez ce truc : prenez les passants en photo sans leur demander leur avis, rares sont ceux qui résisteront à la tentation d’acheter...