Pousse-pousse touristique
Si l’on vous dit « exotisme », à quoi pensez vous ? Certainement pas à l’Allemagne. Et pourtant ! Depuis l’été 1984, dans certaines villes on se croirait en Chine. Les pousse pousse y ont fait leur apparition au côté des taxis et autres bus pour prendre en charge les touristes. Une espèce de petite calèche tractée par une bicyclette conduite par un étudiant ou un chômeur, voilà à quoi ressemble ce pousse pousse ! Une façon judicieuse et agréable d’arrondir les fins de mois pour ces prestataires « sportifs ».
Cette activité est pourtant soumise aux aléas du temps car elle se conçoit mal lorsqu’il fait froid. Les étudiants nous ont confié qu’en dessous de 15 degrés les touristes préfèrent le taxi ou le bus. Ce service ne fonctionne donc en moyenne que six mois par an. C’est ce qu’on appelle une activité saisonnière.
Des pourboires parfois supérieurs aux recettes
Avec un seul véhicule, le bénéfice réalisé par nos exploitants allemands est de de 6 000 francs par mois pour un chiffre d’affaires de 7 500 francs. Sans compter les pourboires. Certains affirment même qu’ils dépassent parfois le montant « officiel » des recettes.
Alors de quoi avez vous besoin ? Le principal investissement est bien sûr l’acquisition du véhicule, soit environ 9 000 francs pour un superbe engin flambant neuf (1200 francs environ pour un pousse pousse d’occasion). Et comme vous devrez l’entretenir, vous prévoirez un petit stock de produits d’entretien qui lui garderont l’éclat du neuf. Ceci pour l’acquisition d’un seul véhicule. Mais vous pouvez aussi décider de créer une « flotte » de pousse pousse. Dans ce cas, prévoyez un équipement supplémentaire : bureau (que vous pouvez installer cher vous) et téléphone pour les clients qui désirent réserver des promenades touristiques.
Des recettes supplémentaires
Comment rentabiliser davantage votre activité saisonnière ? C’est simple, la publicité vient à votre secours. Et vous pouvez, comme ce jeune Allemand, louer l’arrière de votre véhicule comme emplacement publicitaire. A titre d’information, vous pouvez demander jusqu’à 300 francs par jour en haute saison.
Deuxième possibilité : les mariages. Vous louez (avec ou sans chauffeur) votre pousse pousse pour cette occasion. La formule est originale et séduit beaucoup de futurs mariés.
Troisième possibilité : les groupes de touristes. Certains préfèrent être libres d’aller où ils veulent. Vous pouvez donc leur louer votre véhicule à la journée.
Quatrième possibilité : si vous connaissez bien l’histoire et les endroits intéressants de votre région, proposez des visites guidées.
L’avantage de ces prestations supplémentaires est que vous pouvez, à durée égale, les facturer plus cher.
Pas de frais publicitaires
Votre attelage constitue en effet une publicité à lui seul. Quand il fait beau, la seule vue de vos équipages donnera envie aux touristes d’essayer ce type de promenade. Si vous avez un téléphone, indiquez bien lisiblement le numéro sur vos véhicules.
De plus, les journalistes locaux, toujours à l’affût des nouveautés, n’hésiteront pas à parler de vous. Contactez les pour les informer sur votre activité, vous obtiendrez certainement plusieurs rédactionnels.
Prévenez votre municipalité de la création de votre entreprise. Vous pourrez avoir à acquitter une taxe de « tête de station » d’environ 300 à 600 francs.
Enfin, dernière précaution, l’assurance. Pour 1 000 francs par an, il est indispensable d’assurer vos véhicules, surtout si vous les louez sans chauffeur.