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 Centre d’activités pour personnes âgées

Après la mort de Martha, cinq ans auparavant, le fils et la belle fille de Sam virent l’ancien vendeur si dynamique se mettre peu à peu en marge de la vie. « Il s’est mis à regarder la télévision toute la journée, prétextant qu’il ne pouvait plus faire ni les courses ni le ménage », raconte son fils. Même son petit fils a senti qu’il ne pouvait plus jouer ou amener ses copains comme avant, sous peine de l’énerver. C’est le médecin de famille qui a suggéré une solution : l’envoyer au centre d’activités journalières pour personnes âgées.

En un mois, la vie était redevenue normale. Plus besoin de le pousser pour rencontrer d’autres personnes de son âge, et mieux encore, Sam reprit peu à peu des activités qu’il avait abandonnées depuis des années.

Aux Etats Unis, il existait à peine une douzaine de ces centres en 1970. Dix ans plus tard, ils étaient 600 et en 1986, 1400. Parmi ce nombre, seuls 5 % étaient des établissements à but lucratif. Si vous vous demandez s’il est vraiment raisonnable de s’intéresser à. cette activité, voyez les statistiques : d’après le Ministère de la Santé des Etats Unis, le nombre des 65 ans et plus va croître de 23 % d’ici l’an 2000. A la fin du siècle, les retraités représenteront 13 % de la population américaine, et tous les pays industrialisés dont la France sont dans le même cas.
Ne confondez pas les activités journalières avec les maisons de retraite ou les maisons de convalescence. Les activités journalières aident les personnes âgées à rester indépendantes. Le travail de l’équipe d’encadrement consiste à constamment les stimuler. Pas étonnant donc que ces centres ne possèdent aucun lit, et que l’équipe soit obligée de promettre aux familles que leur parent rentrera passer la nuit chez elles. Outre les cours de céramique, les jeux de cartes et les séances de chant, les centres d’activités journalières proposent danse et exercices physiques. Ils font appel aussi à des infirmières et des conseillers pour des séances d’auto médication et de motivation. Par ailleurs, des médecins font régulièrement des check up.

En imaginant les services qu’ils vont procurer, les directeurs de ces centres pensent avant tout aux personnes âgées. Une américaine demande 25 francs en plus des 145 francs quotidiens pour baigner ses clients, les coiffer et leur faire la manucure. Elle considère aussi le transport comme une adjonction indispensable. Le centre possède trois cars et neuf camionnettes équipées pour soulever des chaises roulantes.

Les exploitants estiment que le plus grand challenge est d’éduquer les clients et les médecins, qui regardent toujours les nouveautés de manière suspicieuse. Gardez donc une démarche professionnelle irréprochable. Contactez les médecins hospitaliers et ceux qui consultent en cabinets privés, et envoyez leur une brochure expliquant vos services. Soulignez le fait que vous disposez d’une équipe complète et très expérimentée. Votre but n’est pas de remplacer les médecins, puisque vous faites régulièrement appel à eux, mais de les soulager. S’ils le comprennent, ils vous recommanderont.

Par ailleurs, vous devez aussi séduire les familles.

L’exploitante que nous avons rencontrée se sert d’annonces et de lettres publicitaires, mais n’hésite pas à se servir des spots TV et des réunions du Lion’s Club.

Une autre directrice précise que les familles commencent presque toujours par confier une personne âgée un ou deux jours par semaine, mais 99 % d’entre elles finissent par les confier cinq jours.

Des frais de démarrage très variables

Essayez auprès des hommes d’Eglise de vous faire prêter ou louer des locaux en semaine. Si ces locaux disposent d’une cuisine équipée, d’une salle de bains et d’une rampe pour les chaises roulantes, vos seuls frais résideront dans la constitution d’une équipe de deux ou trois personnes, les assurances, et la publicité. La directrice du centre dont nous avons parlé plus haut, infirmière spécialisée, avait investi nettement plus en 1986 : 250 000 francs pour deux mois de loyer, une camionnette d’occasion, et 100 000 francs de fournitures (chaises et canapés d’occasion par exemple, une TV, un magnétoscope, et un projecteur vidéo.

La rentabilité dépend de la rapidité avec laquelle vous trouvez des clients. Parce que l’Etat avait réservé 20 des 30 places disponibles le jour de l’ouverture, cette américaine a réalisé des bénéfices presque immédiatement. Les trois centres bénéficient à présent d’une centrale d’achats, d’une cuisine et de ressources communes. Son chiffre d’affaires annuel est de 1 million de francs, dégageant 475 000 francs de bénéfice. Un autre centre, plus récent, ne réalise que 750 000 francs de recettes et 250 000 francs de bénéfices. Mais sa croissance est en
très nette progression. Comme tous les marchés touchant au troisième âge.