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 Eleveur de chapons

L’élevage des chapons est prometteur. De plus en plus, les gourmets font la différence et le préfèrent à la volaille traditionnelle. Le chapon est en fait un coq castré très jeune que l’on engraisse, et dont la chair est très savoureuse et fondante. L’opération de castration est très délicate mais il existe des « chaponneurs » qui la réalisent très vite et avec un minimum de risques.

L’alimentation de ces chapons est à base de maïs et de poudre de lait. Il faut six mois pour « faire » un chapon et il pèse de quatre à cinq kilos quand il est abattu. Sachant que le kilo vif se vend 22 à 25 francs, vous tirerez environ 100 à 125 francs par animal.

Le chapon est plus ou moins tendre selon la façon dont il est élevé. Si vous le laissez courir, sa chair sera plus ferme. Si vous le « parquez » dans une cage, sa chair sera plus fondante, plus tendre. Ce sont les goût des consommateurs qui orienteront votre choix par la suite.

Les études faites dans ce domaine évaluent le montant des charges par chapon (tout compris : achat du poussin, chaponnage, alimentation, matériels) à environ 60 francs. L’investissement vaut donc la peine puisque votre bénéfice est de 40 à 60 francs par animal vendu.

Quel matériel, quel investissement ?

Au début, vous pouvez élever vos chapons sans cesser votre activité. Mais peut être travaillez vous déjà dans l’élevage ou l’agriculture ? Si vous êtes dans ce cas, tant mieux, car vous disposez probablement d’un terrain qu’il vous est possible d’utiliser pour faire courir les bêtes. Si ce n’est pas le cas, pour un petit élevage (300 chapons), vous devrez disposer d’un local (60 mètres carrés suffisent). Vos investissements se monteront donc pour le local à 3 000 francs, et à 1 500 francs pour les 300 poussins. Soit 4 500 francs, auxquels vous devez ajouter le prix de l’alimentation et du chaponnage. Prévoyez donc un peu de trésorerie car il faudra attendre six mois avant de récupérer votre mise de fonds.

A qui vendre ?

Une petite production trouvera sa clientèle chez les restaurateurs et les bouchers. Ceux ci, pour peu qu’ils défendent une image « gastronomique » ou « biologique » ne refuseront pas vos chapons élevés à l’ancienne.

Vous fidéliserez votre clientèle en leur fournissant une viande de qualité. La démarche commerciale est primordiale, surtout au début de votre activité. L’investissement n’est pas énorme, le risque est donc limité. Pour qui aime la vie à la campagne, c’est une activité qui en vaut la peine. Notre dessein ici n’est pas de vous dire que vous allez faire fortune ! Pour réussir, vous devez absolument aimer l’élevage et la nature, mais le revenu que vous en retirerez ne suffira pas à vous faire vivre. Nous vous conseillons par conséquent d’ajouter cette activité à une autre production ou, si vous travaillez à temps plein dans un autre secteur, de la considérer comme un revenu complémentaire.

Noël est bien sûr la période pendant laquelle vous serez le plus sollicité. Prévoyez donc d’acheter vos poussins six mois auparavant pour ne pas être pris de court. Si vous arrivez à fidéliser votre clientèle et vous assurer ainsi un revenu sans trop de contraintes, vous pourrez être fier de vous !

Les amateurs de petites activités à exercer à la campagne, peuvent lire Comment bien gagner sa vie à la campagne, Editions Selz, Colmar.