Nestlé maroc du café au lait
Inaugurée en 1994, Nestlé Maroc produit annuellement 11.000 tonnes de produits do 3.000 tonnes de café et 4.000 tonnes de lait. Le reste concerne les produits culinaires. L’unité s’est imposée comme un vrai moteur de développement de la région.
L’usine située sur la route de Marrakech, dans la zone industrielle d’El Jadida, est reconnaissable par sa couleur blanc et bleu. Elle s’étend sur un terrain de cinq hectares. A l’entrée du site s’élèvent sur plusieurs dizaines de mètres six silos en aluminium, d’une capacité de 60.000 litres chacun. Ils servent au stockage de lait frais et à sa pasteurisation par traitement thermique. Devant ces gratte ciel en fer sont stationnées deux grosses citernes. Elles viennent de finir de vider leurs cargaisons de lait récolté auprès des producteurs. L’usine travaille avec près de 15.000 d’entre eux réunis dans des coopératives laitières dont 92 collaborent al Nestlé. C’est le service agricole de l’usine que gère la collecte. Sa mission est de recueillir 1 quantité suffisante de lait en fonction des pressions et d’assurer la qualité au produit initial Ici, le cheminement du lait est suivi de bout par les responsables de ce département. Tout est mis en oeuvre pour que le produit a veux à bon port dans les meilleures conditions, lait trait doit absolument être acheminé dan délai de deux heures à travers des bacs de refroidissement pouvant contenir jusqu’à 1.é litres chacun, vers des tentes dites à lait.
L’entreprise en a mis 280 à la disposition de distributeurs. Pour parer d’éventuels retards au niveau de la livraison, le transport a été minutieusement organiste de façon à avoir des horaires précis.
Mesures de qualité strictes
Avant de fraichir le seuil de l’usine, chaque citerne doit bénéficier d’un avis favorable délivré par le laboratoire de ligne. Ce dernier est chargé d’effectuer des analyses avant la réception du produit. Une fois le feu vert donné, le lait est « trafisvasé » dans le silo de refroidissement où règne une température de 5°C. Ensuite, il est acheminé par le biais de conduits à la salle de contrôle. A ce niveau, une deuxième analyse permettant de vérifier le taux de matière grasse et sèche est faite. En fonction du produit qu’on veut fabriquer (Nido, Nestlé Cerelac), on effectue une standardisation. L’opération consiste à prélever une quantité à laquelle on ajoute des ingrédients comme l’huile végétale, concernant les produits destinés aux enfants, ou à corriger la matière grasse pour ce qui est du lait en poudre. Il est par la suite soumis à l’évaporation. Au terme de ce processus, sa teneur en matière Lèche est ramenée à 48%. La quantité recueillie est ensuite injectée en fines gouttelettes dans la tour de séchage où le lait est traversé par un courant d’air chauffé à 300°C. Cette fameuse technique permet d’obtenir au final du lait en poudre. Pour les produits destinés à la diététique, on rajoute des sucres, des oligo éléments et des vitamines. On injecte aussi de l’azote pour la conservation et pour éviter ainsi des réactions d’oxydation. Après ces opérations, le produit atterrit dans la salle de remplissage. Le lait est mis en sachet ou en boîte avant d’être pesé sous l’oeil vigilant d’un opérateur qui veille sur le poids, l’étanchéité et sur le taux d’oxygène contenu dans chaque emballage. Les centaines de caisses sont ensuite transférées au central de stockage, un hangar de plusieurs mètres carrés. A chaque étape de fabrication, des échantillons sont prélevés pour des analyses de qualité.
Arabica ou Robusta ?
Le service culinaire, qui fabrique entre autres la Chourba et la H’rira étant fermé jusqu’en juin, pour cause de nettoyage, la suite de notre visite nous mène tout droit au département café situé à quelques mètres de celui du lait. De cette unité de fabrication sortent annuellement près de 3.000 tonnes de café soluble. Contrairement au lait où la production est entièrement écoulée sur le marché local, 70% du café est exporté vers les pays du Moyen Orient, d’Europe de l’Est ou encore l’Egypte. Dans la salle de stockage de la matière première sont étalés des sacs de café de 60 kg à perte de vue. Près de 70% de la marchandise provient de la Côte d’Ivoire. Nestlé produit du café Robusta et Arabica. Si le premier est jugé plus consistant, le second reste de loin le plus apprécié sur le marché marocain. Pour obtenir le café soluble, le procédé est quasiment similaire à celui du lait. Quand le café est vidé des sacs, il est tamisé avant d’être torréfié. Sous l’effet de la chaleur, les graines, au départ vertes, virent au marron. Plus on torréfie, plus le marron s’accentue et plus l’arôme augmente, jusqu’à un certain seuil. Il est par la suite introduit dans le moulin puis extrait et soumis à l’évaporation. Cette opération liquéfie le café et le transforme en jus concentré. Comme le lait, celui ci est pulvérisé avec de l’air chaud et envoyé dans un appareil baptisé aggloméré avant d’être conduit à la tour de séchage. Il y est à nouveau tamisé. La bonne poudre est stockée. Les fines particules sont, quant à elles, reconduites à la tour de séchage. Le café obtenu est mis en bouteille ou en sachet. Quatre grosses machines rotatives crachent chacune 400 sachets de Nescafé à la minute.
200.000 litres de lait/jour
L’implantation de l’unité industrielle à El Jadida en 1994 (un investissement colossal de 500 millions de dirhams) a contribué à changer le mode de vie des éleveurs de la zone. Chaque jour, Nestlé injecte l’équivalent de 10 millions de dirhams dans la région. Quotidiennement, l’usine collecte 200.000 litres de lait. Durant la période estivale, correspondant à la période de basse lactation, cette quantité est réduite de moitié. Les 85% de la production en lait proviennent de la région de Doukhala. Les autres l50/ sont assurés par les éleveurs de la Chaouia. En 2004, Nestlé a estimé ses besoins en lait à 60 millions de litres. Pour s’assurer de la qualité du produit collecté, la direction de l’usine a mis en place une politique de subvention et d’accompagnement en direction des producteurs. « Nous donnons des crédits pour achat d’aliments de bétail, de matériels pour des installations d’adduction d’eau, de chauffe eau... », déclare Jaouad El Harti assistant du service agricole et conseiller éleveurs au sein de l’usine. Cette contribution financière est appuyée par une forte campagne de sensibilisation sur la notion de qualité et de traçabilité. Il a fallu par exemple attirer l’attention des producteurs sur l’importance de déclarer le lait frais afin d’éviter toute éventuelle contamination du produit par une prise d’antibiotiques. « Nous avons fait comprendre à tout le monde que c’est une relation de gagnant , conclut il. Un message dont les producteurs semblent avoir mesuré toute la portée.