L’éventuelle suppression des cessions légales (60% du chiffre d’affaires de la SCR) et de la garantie de l’Etat ainsi que l’ouverture du marché affecteront l’activité du réassureur national. La SCR ne baisse pas les bras. Elle étend d’ores et déjà son activité « traditionnelle » vers de nouvelles niches.
Il y a près de deux ans s’était posée la question de la survie de la SCR (Société centrale de réassurance) face à la libéralisation du marché. Une fois ce dernier ouvert, la SCR aura t elle les moyens de continuer à exister ? Si oui, dans quelles conditions ? Sinon, pour quelles raisons ne le serait elle pas ? Dès lors, l’actionnaire majoritaire, à savoir la CDG, s’est donné une période de trois années pour répondre à ces questions. La société a finalement opté pour l’élaboration d’un plan d’amélioration des performances et de repositionnement, que ce soit sur le marché local ou international, pour s’y préparer. Ce plan a défini une nouvelle approche commerciale, un renforcement des fonds propres, un audit des réserves, une modernisation des systèmes d’information et d’organisation... Nous sommes aujourd’hui en 2004. Des années ont passé et la même problématique est toujours d’actualité. La SCR pourra t elle faire face à l’ouverture des frontières, à l’heure où la conclusion d’accords de libre échange avec des pays industrialisés, comme les Etats Unis, ne peut qu’introduire de nouveaux concurrents ? Les réponses sont nuancées que ce soit au niveau de la SCR, de la CDG ou de l’autorité de contrôle, en l’occurrence la DAPS (Direction des assurances et de la prévoyance sociale au sein du ministère des Finances). « Il y aura sûrement un impact sur le marché financier et notamment sur celui des assurances », se contente de déclarer Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG.
Dans le cadre de la négociation des accords de libre échange avec les Etats Unis, ces derniers auraient demandé de supprimer les cessions légales, obligation des compagnies d’assurance de céder 10% de leur prime à la SCR. S’ils l’ont demandé, c’est que des compagnies américaines sont forcément intéressées par le marché. La suppression des cessions obligatoires est à l’étude depuis un certain temps. Mais pour l’instant, aucune décision n’est prise concernant cette mesure. D’aucuns estiment qu’elle est imposée par les Américains mais en fait, si l’on en croit Al Barki, directeur de la DAPS, il n’en est rien. « Cela fait longtemps que nous réfléchissons sur l’impact de la suppression des cessions légales sur la SCR », confie til. Cet impact ne peut que déséquilibrer les finances de la société étant donné que les cessions légales représentent près de 60% de son chiffre d’affaires. Ahmed Zinoun, administrateur délégué de la SCR suffit pour continuer à la faire fonctionner, explique El Barki.