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 L’autofinancement global

l’autofinancement d’enrichissement constitué par les bénéfices non distribués ; l’autofinancement de maintien formé des amortissements et des provisions.

Il résulte des analyses précédentes que l’autofinancement global (ou brut) est constitué par la différence entre les encaissements (recettes) et les décaissements (dépenses pour paiement des charges, impôt sur les sociétés, dividendes).

Il est facile de calculer l’autofinancement global. Par contre, il est délicat de le répartir entre autofinancement de maintien et autofinancement d’enrichissement, parce que les amortissements effectivement calculés ne correspondent pas à la dépréciation réelle des immobilisations. Tel est le cas, en particulier, de l’amortissement dégressif qui surestime souvent la dépréciation des biens. L’autofinancement joue un rôle fondamental dans le financement des investissements puisqu’il représente plus de 50 % du total des investissements réalisés en France.

Pour les seules entreprises, c’est à dire en éliminant les investissements effectués par les ménages et les administrations, l’autofinancement global constitue 70% de la formation brute de capital fixe F.B.C.F., c’est à dire des autofinancement F.B.C.F.

investissements. Toutefois le taux d’autofinancement moyen recouvre d’importantes disparités sectorielles.

Cette place fondamentale de l’autofinancement s’explique par les avantages qu’il comporte pour l’entreprise qui y recourt. Cependant il présente aussi des dangers, tant pour l’entreprise que pour l’économie dans son ensemble.

La discussion des mérites et des limites de l’autofinancement ne porte pas sur l’autofinancement de maintien. Ce dernier est en effet indispensable car, en absence d’amortissements suffisants pour renouveler les équipements usagés, l’entreprise perdrait progressivement sa substance, son équipement devenant de plus en plus limité, et entraînant à terme sa disparition.

Par contre, l’autofinancement d’enrichissement, à côté de ses avantages pour la firme, présente des inconvénients.

LES AVANTAGES POUR L’ENTREPRISE :

Il est une ressource sécrétée périodiquement par l’entreprise à la différence des autres moyens de financement qu’on ne petit collecter avec autant de régularité.

Il est une ressource apparemment gratuite, car il ne donne pas lieu à paiements d’intérêts. Cependant, toute entreprise, pour ne pas engendrer le mécontentement de ses associés, doit tenir compte des réserves constituées pour déterminer la rémunération servie à ses associés.

Il est, enfin, une ressource à laquelle on peut recourir lorsqu’en certaines périodes, le recours aux prêteurs s’avère difficile en raison d’une conjoncture défavorable.

LES INCONVÉNIENTS POUR L’ENTREPRISE :

Les entreprises qui privilégient excessivement l’autofinancement dans leurs ressources financières, risquent de se développer trop lentement, faute de moyens suffisants et donc de n’être plus compétitives face à leurs concurrents.

Le caractère apparemment gratuit de cette ressource peut conduire à des gaspillages de capital investissements somptuaires ou peu rentables.

L’excès d’autofinancement d’une entreprise peut décourager les associés qui, ne recevant plus de rémunération, se détournent de l’entreprise, ce qui rend difficile les augmentations de capital lorsqu’elles sont nécessaires.

LES INCONVÉNIENTS DU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE GENERAL :

L’autofinancement tend à cristalliser les structures économiques en empêchant les capitaux de circuler entre les entreprises, au détriment de certains secteurs.

L’autofinancement tend à engendrer ou accélérer l’inflation, les entreprises étant portées à augmenter leurs prix pour obtenir davantage d’autofinancement.

L’autofinancement se constitue au détriment des salariés qui ne recouvrent qu’une partie du produit lié à leur travail. L’autofinancement pèse ainsi sur les rémunérations versées au personnel.

Remarque : Il ne faut pas confondre l’autofinancement et la marge brute d’autofinancement M.B.A.

La M.B.A. est constituée par la somme du bénéfice net, des amortissements et des provisions.

C’est l’ensemble des ressources disponibles :

pour distribuer des bénéfices, et pour investir (investissements de remplacement ou décroissance).

On a donc : M.B.A. = bénéfice net + amortissements + provisions ; M.B.A. = autofinancement + bénéfices distribués.