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 L’augmentation de capital

Lorsque l’activité de l’entreprise se développe, celle ci peut faire appel à ses associés pour financer son programme d’investissements. Elle procède alors à une augmentation de capital. Cette opération consiste à demander aux anciens associés d’abord qui bénéficient d’un droit préférentiel de souscription à de nouveaux associés ensuite si cela est nécessaire d’effectuer de nouveaux apports rémunérés par la remise de parts sociales ou d’actions supplémentaires.

Inversement, lorsqu’une société a fait des pertes importantes, ses moyens de financement ont dû être utilisés pour combler les pertes. De ce fait, ils sont devenus insuffisants. En raison de la structure vulnérable de l’entreprise, il est impossible de trouver des prêteurs. L’augmentation de capital constitue alors le seul moyen de rétablir une situation financière saine, prélude indispensable à une reprise du fonctionnement normal de l’entreprise.

L’augmentation de capital doit être autorisée par l’assemblée générale extraordinaire des actionnaires. Une délibération du Conseil d’Administration en fixe ensuite les modalités : prix d’émission des actions, mode de libération (1/4 au moins à la souscription), droit de souscription et délai de souscription.

Le rôle de la Bourse des Valeurs dans l’émission et l’augmentation du capital

La Bourse des valeurs est le marché sur lequel s’échangent des valeurs mobilières, c’est à dire des titres d’associés (actions) ou de créanciers (obligations) émis principalement par les sociétés par actions, l’État, les organismes financiers spécialisés. Ces titres se caractérisent par le fait qu’ils sont librement négociables. Ils peuvent ainsi être cédés sans formalités spéciales. Mais, tous les titres émis par des sociétés, ne sont pas cotés en Bourse. Les propriétaires de ces titres ne disposent pas alors d’un marché organisé, sur lequel ils puissent les céder en cas de besoin. La vente de tels titres est souvent difficile et aléatoire.

Pour ces entreprises, il est parfois malaisé de réaliser les augmentations de capital nécessaires. Le nombre des souscripteurs est en effet réduit par le risque qu’ils encourent de ne pouvoir ultérieurement vendre leurs titres.

Les titres de sociétés en nom collectif, en commandite simple, à responsabilité limitée, ne sont jamais cotés sur les Bourses de valeurs.

La plupart des grandes entreprises revêtant la forme de sociétés anonymes demandent la cotation de leurs titres sur une Bourse des valeurs. Pour cela des conditions de taille (notamment un capital minimal) et de nombreuses formalités sont exigées.

Il est important de bien observer que la Bourse est réservée aux transactions portant sur des titres émis antérieurement. Elle est le « marché secondaire », c’est à dire le marché d’occasion des valeurs mobilières. De ce fait, elle ne joue aucun rôle direct dans l’émission des titres nouveaux . Cependant, la perspective d’une cotation future des titres émis augmente le nombre d’épargnants intéressés par les titres. L’existence de ce marché secondaire que constitue la Bourse a ainsi pour effet d’élargir le marché primaire de l’émission des titres.

La cotation d’un titre sur une Bourse assure : au souscripteur (en général, un épargnant), la négociabilité à tout moment de son titre. Le titre devient ainsi plus « liquide », c’est à dire aisément transformable en monnaie. à l’émetteur (une grande entreprise), l’élargissement ultérieur du marché de ses titres, ce qui facilite sa collecte de capitaux. Pour l’économie française les dimensions respectives des marchés primaire et secondaire sont très différentes ; Le marché primaire, qui, seul fournit des capitaux nouveaux aux entreprises et qui est constitué de l’ensemble des émissions en numéraire d’actions permet de collecter chaque année environ 10 milliards de francs ; Le marché secondaire est constitué de l’ensemble des transactions boursières sur actions, Il a représenté pour l’année 1976 un total de 26 milliards de francs à la Bourse de Paris. Il s’apprécie aussi à l’importance de la capitalisation boursière des sociétés. La capitalisation boursière d’une société est le produit du cours boursier de l’action par le nombre de titres émis. A la Bourse de Paris, la capitalisation boursière au 31 décembre 1976 était de 134 milliards de francs pour 665 sociétés cotées. Il existe aussi des Bourses de valeurs dans les principales villes françaises elles sont réservées aux sociétés’ de dimension régionale.

Les émissions d’actions fournissent ainsi aux entreprises une part relativement faible de leur besoin total de capitaux.

Cependant, dans une économie capitaliste, le rôle des émissions d’actions est important car, en général, les prêteurs n’acceptent jamais de financer la totalité d’un programme d’investissement. Il faut donc toujours un financement complémentaire à l’aide des capitaux propres et, notamment, de l’émission d’actions, Le rôle des banques dans l’émission et l’augmentation du capital Les entreprises, lorsqu’elles désirent constituer ou augmenter leur capital, ne peuvent trouver elles mêmes les épargnants susceptibles de souscrire aux titres qu’elles émettent. Elles ne disposent pas, en effet, d’un réseau suffisamment étendu et spécialisé dans la collecte des ressources d’épargne.

Aussi les grandes entreprises, lorsqu’elles veulent collecter des ressources importantes, doivent elles s’adresser aux banques qui disposent chacune d’un réseau spécialisé. Les banques intéressées à la collecte créent d’ailleurs entre elles des syndicats d’émission. Elles mettent ainsi, moyennant une rémunération, leurs guichets à la disposition des entreprises désirant placer leurs titres (syndicat de placement). Parfois même le syndicat d’émission achète la totalité des titres émis, s’engage à les revendre ensuite aux épargnants et à conserver ceux qu’il ne peut placer auprès de sa clientèle, ce qui garantit l’émetteur contre un éventuel échec de son opération (syndicat de garantie). D’une manière générale, les banques facilitent le placement des titres nouveaux en recommandant à leur clientèle d’y souscrire.