Règle de l’effet de levier
En poussant à l’extrême, les raisonnements précédents, il apparaîtrait souhaitable qu’une entreprise n’ait aucun endettement, puisqu’elle serait alors totalement indépendante de ses créanciers. Ceci n’est, en fait, pas souhaitable, car la sécurité supplémentaire ainsi obtenue serait compensée par une faible rentabilité de l’entreprise.
Pour le démontrer, supposons qu’une entreprise ait à réaliser un projet d’investissement de 100 millions qui rapporte 10% du capital investi.
Si elle le finance intégralement avec des capitaux propres, elle en retire un bénéfice annuel de 100 x 10 % = 10 millions, soit une rentabilité pour les associés : 10/100=10% du capital.
Si elle le finance à moitié par des capitaux propres et par moitié par un emprunt à 5% : l’investissement fournit un bénéfice de : 100x 10%= 10 millions, comme précédemment, mais il faut en déduire les intérêts à payer pour rémunérer les prêteurs, soit : 5 % de 50 millions = 2,5 millions. Il reste donc pour les associés : 10 millions-2,5 millions = 7,5 millions.
Comme les associés ont investi 50 millions, la rentabilité de l’entreprise est de 7,5/50= 15%.
Elle est bien supérieure au cas où les associés finançaient tout l’investissement. Ainsi, pour augmenter sa rentabilité, une entreprise a avantage à emprunter tant que le taux d’intérêt des emprunts est inférieur à la rentabilité des investissements réalisés avec les sommes ainsi obtenues. On appelle effet de levier, l’augmentation de la rentabilité des capitaux propres due au financement d’une partie des investissements par des capitaux empruntés.
Il existe cependant une limite à l’endettement que peut supporter l’entreprise.
Règle de l’endettement limite
Au passif du bilan figurent, au sein des capitaux permanents, des ressources empruntées à côté de celles qui sont fournies par les associés : si les capitaux empruntés sont trop importants, l’entreprise devient dépendante de ses créanciers au delà d’un certain seuil d’endettement, les prêteurs refusent leur concours à l’entreprise en raison du risque élevé qu’ils supportent. Une entreprise doit donc veiller à ce que son endettement à long et moyen terme ne dépasse pas ses capitaux propres.
On le vérifie en calculant le ratio d’endettement à long et moyen terme
capitaux propres /dettes à long terme>=1.
Les banquiers s’assurent également que les remboursements d’emprunts à effectuer ne dépassent pas 3 à 4 années d’autofinancement en calculant le ratio :
dettes à long et moyen terme =<4marge brute d’autofinancement.