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 Le financement de l’exploitation

Le cycle d’exploitation

La réunion d’un ensemble d’immobilisations n’est pas suffisante pour réaliser une fabrication. Une entreprise doit également procéder à des achats de biens qu’elle va vendre directement (entreprise commerciale) ou incorporer à sa production (entreprise industrielle) ; ces achats constituent des consommations intermédiaires. Une firme industrielle doit ainsi disposer en permanence de stocks de matières premières, de matières consommables, de produits en cours de fabrication, de produits semi finis et de produits finis, Une entreprise commerciale doit posséder un stock de marchandises pour répondre aux désirs de ses clients. Dans les deux cas, les stocks, qu’ils proviennent d’achats ou résultent d’une fabrication n’ont pu être constitués qu’en supportant des coûts : coût d’achat des marchandises ou des matières, coût de production des produits fabriqués ou en cours de fabrication. Il est donc nécessaire que l’entreprise dispose de ressources financières pour assurer le financement de ses stocks pendant la durée de leur séjour dans les magasins ou les ateliers.

Dans les activités de transformation, il existe un cycle de production qui va de la matière première au produit fini, en passant par les étapes intermédiaires du produit en cours et, le cas échéant, du produit semi fini. Dans les entreprises industrielles, ce cycle s’ajoute au cycle de commercialisation que l’on rencontre dans toutes les entreprises commerciales.
Le cycle de commercialisation se compose de deux éléments : la période de stockage séparant l’achat (ou la mise en stock du produit fini) de la vente ; la durée du crédit séparant la vente de l’encaissement. Il est rare, en effet, que les clients, notamment dans le cadre des relations inter entreprises, paient leurs achats au comptant ; ils exigent le plus souvent des délais de paiement. L’entreprise doit donc accorder à sa clientèle des crédits, variables selon les usages professionnels et la conjoncture. Ils s’étendent, pour les articles courants sur des durées de 30, 60 ou 90 jours et représentent pour les entreprises une lourde charge de financement.

Enfin toute firme doit en permanence disposer d’une encaisse en monnaie ou d’éléments aisément et rapidement transformables en monnaie (par exemple des titres de placement : bons du Trésor, actions, obligations, bons de caisse), pour faire face à l’ensemble de ses besoins de dépenses. II faut donc consacrer à la trésorerie des ressources financières, variables selon la dimension de la firme.

Ainsi le financement de l’exploitation comprend trois éléments : le financement des stocks appelés aussi valeurs d’exploitation ; le financement des crédits accordés et, d’une manière plus générale de l’ensemble des créances sur des tiers qui constituent les valeurs réalisables à court terme ; le financement de l’encaisse constituée des valeurs disponibles.

L’ensemble de ces trois composantes réunies forme les capiteux circulants.

La double nature du financement de l’exploitation

Dans la majorité des entreprises, le cycle d’exploitation, c’est à dire l’ensemble du cycle de production (dans les entreprises industrielles seulement) et du cycle de commercialisation (stockage et crédits accordés) est inférieur à l’année. Aussi peut il être financé par des ressources mises à la disposition de l’entreprise pour une période relativement brève. Au fur et à mesure de leur vente les produits fabriqués ou les marchandises fournissent, en effet, des moyens de financement permettant le remboursement des dettes contractées. Une large fraction des « capitaux circulants » peut ainsi être financée par des dettes à court terme. Les dettes à court terme sont celles dont l’échéance de remboursement est inférieure à l’année.

Cependant, pour assurer le fonctionnement normal de l’entreprise, il est indispensable qu’une quantité minimale de stocks existe en permanence dans l’entreprise pour ne pas paralyser la production ou manquer des ventes. Ce stock ne peut donc pas, en fait, être cédé pour faire face à’ l’échéance des dettes. Il a le caractère d’un investissement, d’une immobilisation, car il constitue un emploi permanent de capitaux. Cette fraction immobilisée du stock constitue le « stock outil ». Comme nous l’avons vu à propos des immobilisations, il serait dangereux de le financer par des dettes à court terme. En cas de besoin financier pour rembourser des dettes, il est impossible, en effet, de le vendre sans paralyser le fonctionnement de l’entreprise. Le financement du stock outil doit donc être assuré par des capitaux permanents.

En résumé, l’ensemble des capitaux circulants est financé de deux manières : le stock outil (ou besoin en fonds de roulement) exige un financement en capitaux permanents, disponibles pour une longue durée (plus d’un an), les autres capitaux circulants peuvent être financés par des dettes à court terme (moins d’un an).