Sondage economie et entreprises
La presse Francaise en question
De peur de voir les media tomber entre les mains de groupes étrangers, la France pousse ses grands groupes à s’y investir. Aujourd’hui, quptre groupes contrôlent le plus gros des media de l’hexagone. Lagardère, Dassault, LVMH et Pinault Printemps Redoute (PPR) ont la mainmise sur une bonne partie de la presse régionale française, mais aussi des titres phare : Le Point, La Tribune, L’Express, L’Expansion... Cette tendance « politique » se confirme avec l’intérêt porté par Serge Dassault pour reprendre le contrôle de Socpress, un groupe qui compte 70 titres dont Le Figaro. Les observateurs anglo saxons craignent que la France ne se dirige vers un modèle italien où les media sont sous la tutelle de l’Etat. Cette crainte est d’autant plus réelle qu’en France, ces quatre grands groupes vivent des contrats gouvernementaux et nourrissent leur expansion internationale grâce à la bénédiction de l’Elysée (...).
Liberte de la presse : les media ont-ils renoncé ?
Sur la base de notre échantillon de 500 décideurs, seuls 37,7% ont jugé opportun de répondre à ce sondage relatif à l’accalmie de la presse écrite nationale et des médias en général.
Pour 67,4% des sondés, la presse n’a pas renoncé à la liberté que le nouvel environnement politique lui a permis. « Les journalistes sont juste en passe de retrouver les reflexes conformes aux nouvelles règles du jeu », affirme un cadre dirigeant d’une multinationale dans les NTI. « Les nouvelles règles du jeu » est une expression qui est revenue plusieurs fois dans les commentaires comme pour justifier que la presse se doit de « marquer une pause avant de relancer le débat ». « Il s’agit donc d’une phase de consolidation utile ».
Un autre groupe de l’échantillon n’a pas hésité à appeler à une presse plus responsable, expliquant que si certains journaux ont décidé de tempérer, c’est bien parce qu’il y a des confrères qui ont terni l’image de la profession. « Le Maroc est dans une phase de pro¬grès. Il faut remonter dix ans en arrière pour mieux apprécier les avancées réalisées », affirme le directeur général d’une société spécialisée dans l’agroalimentaire.
Ce sont 32,5% des sondés qui estiment que la presse s’est repliée sur elle même. « On assiste à de l’autocensure de la part des médias », nous diton, et « tant que la liberté de la presse est incompatible avec les critères de réussite d’une entreprise commerciale », on assistera toujours à de l’autocensure pour caresser le client dans le sens des poils. A cet égard, un analyste financier a aussi relevé la pression qu’ont exercée les pouvoirs publics sur les grands annonceurs « pour boycotter certains titres, une raison valable de survie pour renoncer à la liberté de la presse » ditil. L’autre message, et pas des moindres qui ressort de ce sondage, est que la presse, tout comme la justice, est un quatrième pouvoir nécessaire pour garantir l’édification d’un Etat de droit.