Le problème accessoire
Quand faut il que les besoins de renouvellement s’expriment ?
On connaît le nombre de commandes à passer, c’est à dire la « cadence d’approvisionnement » (1).
Quand faut il passer ces commandes ?
Ici intervient une nouvelle contrainte : la contrainte du délai d’approvisionnement.
On doit passer une commande quand le stock permet juste de satisfaire les besoins pendant le délai de livraison (c’est à dire devient égal à la consommation pendant ce délai).
La date ainsi déterminée s’appelle le point de commande.
Le stock correspondant s’appelle le stock d’alerte (il est parfois appelé « stock minimum »).
La gestion des stocks par exception en avenir certain se réduit donc à la détermination :
d’un nombre optimum de commandes,
d’un stock d’alerte (voir document n° 1).
LA GESTION DES STOCKS PAR EXCEPTION, EN AVENIR INCERTAIN (voir document n° 1)
Les flux sont ici indéterminés (les besoins et la demande varient ; les fournisseurs peuvent ne pas tenir leurs engagements pour de multiples raisons).
Comment se protéger contre cette incertitude ?
Par un stock de protection (2) ou stock de sécurité. Il s’agit d’un stock supplémentaire au stock d’alerte précédent ; le problème est donc de déterminer le niveau de ce stock.
Les deux contraintes intervenant dans la détermination du stock de protection sont :
le coût de stockage . ces deux coûts varient en sens contraire ;
le coût de rupture ou de défaillance. il existe donc un niveau optimum pour le stock de protection
(Exemple de coût de rupture : la marge brute (3) correspondant aux ventes manquées.)
Différentes méthodes permettent de déterminer le stock de protection.
La méthode sommaire
Trop souvent, le niveau du stock de protection dépend du chef des approvisionnements :
- si celui ci est un optimiste, le stock de protection est faible et correspond à une semaine de consommation, pour un article déterminé ;
- si celui ci est pessimiste, le stock correspond à un mois de consommation pour le même article.
Il est souvent fixé à un montant égal à une livraison.
Les méthodes indirectes
Action sur le flux amont :
Obligations imposées aux fournisseurs pénalités en cas de dépassement des délais de livraison ; détention par les fournisseurs, et à leurs frais, du stock de sécurité. Politique de diversification des sources d’approvisionnement plusieurs fournisseurs entre lesquels les commandes sont partagées. Action sur le flux aval :
- Analyse des besoins passés et prévision des besoins futurs.
- Relevé systématique des ruptures et de leurs causes.
Des méthodes plus élaborées
Ces méthodes font appel au calcul des probabilités et au raisonnement marginaliste. Le principe en est simple (1)
On augmente d’une unité supplémentaire le niveau du stock de sécurité tant que la marge brute attachée à la probabilité de vente de cette unité est supérieure au coût entraîné par le stockage de cette unité supplémentaire.
L’ordinateur est alors un auxiliaire précieux de gestion car il permet d’établir la fonction de demande, donc la probabilité de vente.
On passe ainsi d’un univers incertain à un univers à « certitude relative ».
UN INDICATEUR D’UNE GESTION ÉCONOMIQUE DES STOCKS EST CONSTITUÉ PAR LA CONNAISSANCE DE LA ROTATION DES STOCKS
Cet indicateur consiste à déterminer le nombre de renouvellements des stocks au cours d’une période, pour répondre aux besoins de l’entreprise.
Toutes choses étant égales par ailleurs (besoins inchangés, coût de passation des commandes et coût de rupture inchangés), une rotation plus grande des stocks est la traduction d’un stock moyen plus faible, avec tous les avantages qui en résultent (coût de possession inférieur, trésorerie améliorée).
On peut donc dire que toute entreprise qui améliore la rotation de ses stocks sans entraîner de ruptures supplémentaires ou de frais supérieurs de commande, s’achemine vers une gestion économique des stocks.
Détermination de la rotation des stocks. La rotation des stocks est calculée soit d’après le coût d’achat des biens qui ont satisfait les besoins pour une période donnée :
- coût d’achat des marchandises vendues ou des matières utilisées /stock moyen au coût d’achat
- soit d’après le chiffre d’affaires pour une période donnée (entreprises commerciales)
chiffre d’affaires /stock moyen au prix de vente
Le stock moyen peut être lui même ainsi déterminé par :
stock début de mois de janvier à décembre + stock fin décembre/13
La méthode qui consiste à calculer le stock moyen par application de la formule :
stock initial + stock final/2
est trop sommaire, surtout lorsqu’une activité est saisonnière.
Exemple Soit un hypermarché (surface de vente> 2 500 m2) caractérisé par :
un chiffre d’affaires annuel :120 000 000
un stock moyen au prix de vente :10 000 000
Le coefficient de rotation des stocks est : 120.000.000/10.000.000=12
On dit que le stock a ((tourné » 12 fois dans l’année.
Calculons la durée de rotation des stocks.
Dans le cas présent, elle est de : 360 Jours/12 = 30 jours.
Le stock a été renouvelé en moyenne tous les mois.
La durée des stocks indique le nombre moyen de jours de stockage d’un article. Il faut veiller à ce que cette durée ne s’allonge pas.
CONCLUSION
Grâce à la possibilité d’une gestion économique des stocks nombre optimum de commandes stock d’alerte + stock de sécurité
Les stocks, d’un mal nécessaire, deviennent un bien. Ils permettent à l’entreprise qui sait les gérer d’accroître sa rentabilité ( L’or ne dort plus ») et sa compétitivité.